{"id":167834,"date":"2021-10-14T19:08:00","date_gmt":"2021-10-14T19:08:00","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/axlaustade-generation-90\/"},"modified":"2025-10-25T23:36:44","modified_gmt":"2025-10-25T23:36:44","slug":"axlaustade-generation-90","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/axlaustade-generation-90\/","title":{"rendered":"AXLAUSTADE: g\u00e9n\u00e9ration 90"},"content":{"rendered":"<p>Comme deux ados, Jonathan Dauphinais et Steve Dumas peuvent passer des heures \u00e0 discuter de la musique des ann\u00e9es 1990 et \u00e0 s&rsquo;imaginer &#8211; exemple parmi tant d&rsquo;autres &#8211; ce que Weezer serait devenu si la bassiste Matt Sharp n&rsquo;avait pas quitt\u00e9 le groupe en f\u00e9vrier 1998.<\/p>\n<p>Jonathan sourit, puis s&rsquo;adresse \u00e0 son ami: \u00ab Tu te souviens-tu, quand on est all\u00e9 parler \u00e0 Matt Sharp apr\u00e8s le show des Rentals ? \u00bb C&rsquo;\u00e9tait en mai 2015, au Th\u00e9\u00e2tre Fairmount, \u00e0 Montr\u00e9al. \u00ab Tu lui avais dit, en parlant de moi, quelque chose comme : \u00ab\u00a0This guy, he&rsquo;s one of the best bass player in North America.\u00a0\u00bb J&rsquo;\u00e9tais tellement g\u00ean\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9vidence, malgr\u00e9 la prosp\u00e9rit\u00e9 de leur carri\u00e8re respective, Steve Dumas (g\u00e9n\u00e9ralement connu sous son seul patronyme) et Jonathan Dauphinais (qui a collabor\u00e9 avec Beast, Ariane Moffatt, Milk &amp; Bone, et qui cr\u00e9e de la musique \u00e9lectro sous le pseudo Hoodies at Night) sont d&rsquo;abord et avant tout des m\u00e9lomanes.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-24026\" src=\"https:\/\/uat.socan.com\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/AXLAUSTADE_InStory-300x300.jpeg\" alt=\"AXLAUSTADE\" width=\"300\" height=\"300\" \/>C&rsquo;est dans cet esprit qu&rsquo;ils devaient se rendre pour les quarante ans de Jo enregistrer au Electric Studio de Chicago, le quartier g\u00e9n\u00e9ral de Steve Albini (notamment r\u00e9alisateur d&rsquo;<em>In Utero <\/em>de Nirvana), parmi les plus influents architectes du son des quatre-vingt-dix. Cette authentique l\u00e9gende vivante pr\u00e9conise une vision du travail en studio plut\u00f4t radicale, aux antipodes d&rsquo;un monde o\u00f9 toutes les retouches sont d\u00e9sormais permises, et serait aussi tr\u00e8s ouvert \u00e0 recevoir \u00e0 peu pr\u00e8s qui que ce soit chez lui.<\/p>\n<p>\u00ab Si on se partait un band avec un tuba, un trombone et un gars qui danse la claquette, et qu&rsquo;on \u00e9tait game d&rsquo;aller recorder l\u00e0-bas, sur tape, il nous recevrait \u00bb, explique Jonathan au sujet d&rsquo;Albini. \u00ab Un courriel et tu bookes la session, ce n&rsquo;est pas dispendieux. Il met sa chienne, il place les micros et il appuie sur <em>record<\/em>. Il veut juste que les gens fassent le plus de bruit possible et repartent avec la bobine. \u00bb<\/p>\n<p>Pendant plusieurs mois, Dumas, Dauphinais et le batteur Francis Mineau (Malajube) pr\u00e9parent donc leur visite en Illinois dans leur local de r\u00e9p\u00e9tition, o\u00f9 ils improvisent longtemps, pour ensuite ponctionner \u00e0 ces jams ce qu&rsquo;ils ont de meilleur, mati\u00e8re premi\u00e8re \u00e0 partir de laquelle ils \u00e9laborent le r\u00e9pertoire instrumental qu&rsquo;ils devaient immortaliser en quelques jours chez Albini, \u00e0 partir du 19 mars 2020. Une visite qui n&rsquo;aura jamais lieu, pour les raisons virales que vous savez.<\/p>\n<p>En entendant un enregistrement maison de ces pi\u00e8ces, le cin\u00e9aste Louis-Philippe Eno (proche collaborateur de Dumas) convainc le trio d&rsquo;en faire <a href=\"https:\/\/bfan.link\/axlaustade-1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">un album<\/a> malgr\u00e9 tout, m\u00eame sans Albini. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs une photo sign\u00e9e Eno, prise il y a plus de vingt ans, dans un party \u00e0 Victoriaville, qui orne la pochette ; celle d&rsquo;un jeune homme en suspension dans les airs, semblant effectu\u00e9 une dr\u00f4le de culbute. \u00ab Encore \u00e0 ce jour, on a aucune id\u00e9e comment il s&rsquo;est ramass\u00e9 dans cette position-l\u00e0 \u00bb, rigole Dumas.<\/p>\n<p>Bien qu&rsquo;enti\u00e8rement instrumental, le premier album du supergroupe &#8211; \u00ab On d\u00e9teste le terme supergroupe \u00bb &#8211; r\u00e9pond \u00e0 une trame narrative pr\u00e9cise, l&rsquo;histoire d&rsquo;un musicien au sortir de l&rsquo;adolescence, qui assistera \u00e0 <a href=\"https:\/\/ici.radio-canada.ca\/nouvelle\/1049215\/emeute-stade-olympique-musique-rock-archives\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">l&rsquo;\u00e9meute du 8 ao\u00fbt 1992 au Stade Olympique<\/a>, provoqu\u00e9e par la d\u00e9sertion d&rsquo;Axl Rose. Un \u00e9v\u00e9nement qui sera en quelque sorte le dernier clou dans le cercueil du hard rock hirsute, qui avait d\u00e9j\u00e0 mis un genou au tapis \u00e0 la suite de l&rsquo;uppercut de <em>Nervermind<\/em> de Nirvana.<\/p>\n<div style=\"float: right; margin: 0 15px 5px 0;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/b2mpqZwUvaE\" width=\"550\" height=\"310\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>\u00ab \u00c7a raconte un peu notre histoire: un jeune homme qui grandit en r\u00e9gion et qui a des passions comme jouer au Nintendo et faire du v\u00e9lo, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la musique entre dans sa vie \u00bb, explique Francis Mineau, qui signe une s\u00e9rie de po\u00e8mes allusifs inclus dans la pochette, sorte de version trou\u00e9e de l&rsquo;histoire de leur h\u00e9ros grunge.<\/p>\n<p>Bien que le batteur et auteur soit originaire de Saint-Hugues, pas loin de Sorel, ce sont plut\u00f4t les Bois-Francs et le Centre-du-Qu\u00e9bec qui composent le d\u00e9cor des aventures de leur alter ego (Dauphinais vient de Drummondville et Dumas de Victo). Steve renoue d&rsquo;ailleurs avec le r\u00f4le de simple guitariste au sein d&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/AXLAUSTADE\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">AXLAUSTADE<\/a>, poste qu&rsquo;il occupait au sein de son premier groupe skate punk, The Slug.<\/p>\n<p>\u00ab Quand t&rsquo;es ado et que tu te pars un band, que tu viennes de Saint-Hugues, Victo ou Drummond, tu te dis que l&rsquo;id\u00e9al est ailleurs. Il est \u00e0 Seattle, Londres, Halifax. Il est partout, sauf l\u00e0 o\u00f9 t&rsquo;es n\u00e9 \u00bb, observe Dumas. Leur personnage comprendra peu \u00e0 peu, comme eux, qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de plus puissant que de c\u00e9l\u00e9brer l\u00e0 d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on vient. Les po\u00e8mes accompagnant AXLAUSTADE sont ainsi bourr\u00e9s de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 des villages comme Tingwick et Wickham, c\u00f4toyant des clins d&rsquo;\u0153il \u00e0 des figures marquantes de la d\u00e9cennie d&rsquo;avant le mill\u00e9naire. La pi\u00e8ce <em>oui non no<\/em>? Il s&rsquo;agit, bien s\u00fbr, d&rsquo;un hommage \u00e0 Winona Ryder, \u00e9g\u00e9rie du film <em>Reality Bites<\/em> (1994).<\/p>\n<p>Imagin\u00e9 en partie afin d&rsquo;offrir une alternative \u00e0 qui souhaite \u00e9couter de la musique instrumentale, mais en se faisant davantage secouer que par un simple piano, AXLAUSTADE est aussi la preuve qu&rsquo;il est possible de traverser la trentaine sans laisser derri\u00e8re ni la ferveur de la curiosit\u00e9 musicale qui nous animait \u00e0 l&rsquo;adolescence, ni son d\u00e9sir de cr\u00e9er pour cr\u00e9er, pour la beaut\u00e9 du geste et de la camaraderie. AXLAUSTADE est en ce sens tout sauf un projet nostalgique.<\/p>\n<p>\u00ab Je pense que c&rsquo;est un choix qu&rsquo;il faut que tu fasses. \u00c0 un moment donn\u00e9, on a d\u00e9cid\u00e9 de mettre ces heures-l\u00e0, m\u00eame si on a tous des familles \u00bb, dit Dumas, lui p\u00e8re d&rsquo;un gar\u00e7on, alors que ses coll\u00e8gues sont tous les deux p\u00e8res de trois enfants. \u00ab Il faut mettre des heures pour ne pas oublier cette passion-l\u00e0 et pour ne pas oublier ce kid-l\u00e0 qui se trouve en chacun de nous et qui nous <em>drive<\/em>. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout sauf un projet nostalgique<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":129964,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[1220],"tags":[1483,1268],"class_list":["post-167834","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entrevues","tag-createur-de-musique","tag-quebec"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/167834","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=167834"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/167834\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/129964"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=167834"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=167834"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=167834"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}