{"id":166540,"date":"2022-11-22T19:06:00","date_gmt":"2022-11-22T19:06:00","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/milk-bone-lecon-de-cocooning\/"},"modified":"2025-10-25T23:20:32","modified_gmt":"2025-10-25T23:20:32","slug":"milk-bone-lecon-de-cocooning","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/milk-bone-lecon-de-cocooning\/","title":{"rendered":"Milk &#038; Bone : Le\u00e7on de cocooning"},"content":{"rendered":"<p>Sur le fond, <a href=\"https:\/\/www.milknbone.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Milk &amp; Bone<\/a> ne se refait pas, sa m\u00e9lancolie latente imbibant \u00e0 nouveau les chansons de son troisi\u00e8me album <a href=\"https:\/\/bonsound.co\/chrysalismWA\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Chrysalism<\/a>. Sur la forme, cependant, l\u2019\u00e9volution est spectaculaire, \u00e0 telle enseigne que, d\u00e8s <em>Bigger Love<\/em> en ouverture, le duo nous donne presque envie de danser, et elles d\u2019en faire de m\u00eame : \u00ab Ce qui est le fun en faisant des shows, c\u2019est que \u00e7a nous force \u00e0 nous mettre \u00e0 nu d\u2019une autre mani\u00e8re, soit en dansant, explique Laurence Lafond-Beaulne. Il y a quelque chose de tr\u00e8s personnel dans le mouvement du corps &#8211; aussi personnel que de chanter, ce dont nous avons davantage l\u2019habitude. On explore plus cette forme de libert\u00e9 et \u00e7a nous fait du bien. \u00bb<\/p>\n<div id=\"attachment_30167\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=G-6-iuAEYRY\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-30167\" class=\"wp-image-30167\" src=\"https:\/\/uat.socan.com\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/MilkAndBone_ObjectOfFun.jpg\" alt=\"Milk and Bone, Object of Fun\" width=\"550\" height=\"312\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-30167\" class=\"wp-caption-text\">Cliquez sur l&rsquo;image pour faire jouer la vid\u00e9o \u00ab Object of Fun \u00bb de Milk and Bone<\/p><\/div>\n<p>\u00ab Et en cr\u00e9ant l\u2019album, on y pensait, au concert, poursuit Laurence. En tourn\u00e9e, on sait lesquelles de nos chansons fonctionnent bien aupr\u00e8s du public, et lesquelles nous rendent heureuses lorsqu\u2019on les joue. D\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, \u00e7a a probablement donn\u00e9 une direction \u00e0 l\u2019album \u00bb, qui se remarque par la robustesse de ses rythmes, le duo optant pour des breakbeats davantage que l\u2019uniforme rythmique house ayant colonis\u00e9 une grande proportion de la pop moderne. \u00ab Et en ce moment, on travaille sur le concert; il y aura davantage de mouvements, de prise de risques, de cet abandon qui vient avec la libert\u00e9 du corps, c\u2019est quelque chose qu\u2019on veut explorer un peu plus. \u00bb<\/p>\n<p>Cor\u00e9alis\u00e9 par le coll\u00e8gue californien Micah Jasper <em>Chrysalism<\/em> fut compos\u00e9 et enregistr\u00e9 durant la pand\u00e9mie, \u00e0 l\u2019issue de laquelle Camille et Laurence ont visiblement envie de se secouer les puces. Un peu, temp\u00e8re Laurence : \u00ab On \u00e9crit \u00e0 partir de notre tristesse, de notre douleur. Je ne pense pas qu\u2019on pourrait \u00e9crire des tounes joyeuses et positives tout en conservant le c\u00f4t\u00e9 Milk &amp; Bone du premier album [<em>Little Mourning<\/em>, 2015]. La production est plus d\u00e9gourdie, mais notre \u00e9criture vient toujours de la m\u00eame place \u00bb, ces r\u00e9flexions, existentielles et relationnelles, qui habitent les textes du duo.<\/p>\n<p>La forme change, mais le processus de cr\u00e9ation demeure le m\u00eame, confirment les musiciennes. Camille : \u00ab Comme tout le monde, la pand\u00e9mie nous a donn\u00e9 un break, donc plus de temps pour \u00e9crire chacune de son c\u00f4t\u00e9, mais cet album s\u2019est fait comme on a fait nos deux autres albums. On se pr\u00e9voit des retraites d\u2019\u00e9criture ensemble, et c\u2019est durant celles-ci qu\u2019on regarde ce que l\u2019autre a \u00e9crit, et o\u00f9 on se rejoint dans tout \u00e7a. Aucune de nous n\u2019a de t\u00e2che d\u00e9finie dans le processus : \u00e0 deux, on \u00e9crit les paroles et les m\u00e9lodies. On se compl\u00e8te. Apr\u00e8s deux albums, on est rod\u00e9es dans notre mani\u00e8re de travailler, c\u2019est une belle collaboration \u00bb.<\/p>\n<div style=\"float: right; margin: 0 15px 5px 0;\"><\/div>\n<div id=\"attachment_30166\" style=\"width: 560px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=BzCMCUMgpwg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-30166\" class=\"wp-image-30166\" src=\"https:\/\/uat.socan.com\/wp-content\/uploads\/2023\/05\/MilkAndBone_ALittleBetterEveryTime.jpg\" alt=\"Milk and Bone, A Little Better Every Time\" width=\"550\" height=\"310\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-30166\" class=\"wp-caption-text\">Cliquez sur l&rsquo;image pour faire jouer la vid\u00e9o \u00ab A Little Better Every Time \u00bb de Milk and Bone<\/p><\/div>\n<p>Laurence poursuit : \u00ab Une seule chose est claire : m\u00eame si l\u2019id\u00e9e d\u2019une chanson appartient davantage \u00e0 l\u2019histoire d\u2019une de nous deux, c\u2019est toujours \u00e0 deux qu\u2019on la travaille. Et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019apr\u00e8s dix ans de collaboration, on se comprend. Parfois, on discute ouvertement [du sujet de la chanson], mais souvent, quand l\u2019une commence \u00e0 travailler une chanson, l\u2019autre sait tout de suite ce qu\u2019elle cherche \u00e0 dire. Camille est capable d\u2019\u00e9crire avec ma perspective, et vice versa. Ultimement, les \u00e9preuves et les blessures humaines, on vit tout \u00e7a de mani\u00e8re diff\u00e9rente, mais on se reconna\u00eet aussi dans ces situations. \u00bb<\/p>\n<p>Ainsi, la pand\u00e9mie, autant que le passage des musiciennes \u00e0 la trentaine, a nourri le propos de <em>Chrysalism<\/em> \u2013 le titre r\u00e9f\u00e8re au sentiment de s\u00e9curit\u00e9 qu\u2019on \u00e9prouve lorsqu\u2019on se met \u00e0 l\u2019abri, d\u2019un orage, d\u2019un virus, ou plus m\u00e9taphoriquement, d\u2019une de ces menaces que notre soci\u00e9t\u00e9 fait toujours peser sur l\u2019autre\u2026 \u00ab Une chose qu\u2019on a faite [durant la cr\u00e9ation de l\u2019album], c\u2019est avoir une diff\u00e9rente perspective sur notre identit\u00e9 en tant que femme, avec le recul de ce qu\u2019on a v\u00e9cu durant la derni\u00e8re d\u00e9cennie, explique Camille. J\u2019avais beaucoup de choses \u00e0 dire l\u00e0-dessus! \u00bb<\/p>\n<p>Elles \u00e9voquent des prises de position \u00e0 propos de leur nature, comme par exemple sur la <em>chanson Object of Fun<\/em> : \u00ab On y aborde la question du \u2013 je ne sais pas comment dire en fran\u00e7ais &#8211; <em>male gaze<\/em>, dit Camille. Ou, \u00e0 quel point on r\u00e9alise, plus tard et souvent trop tard, qu\u2019on s\u2019est laiss\u00e9es se faire sentir petites et accommodantes. C\u2019est aussi, plus largement, une r\u00e9flexion sur ce qu\u2019on attend de la femme dans la soci\u00e9t\u00e9, et comment on vit \u00e7a. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab On en demande tellement plus \u00e0 la femme qu\u2019\u00e0 l\u2019homme, c\u2019est aussi un peu \u00e7a, le male gaze \u00bb, commente Laurence, qui explique ensuite le sens du texte de <em>Green Dot<\/em>. \u00ab C\u2019est ce moment dans la fin d\u2019une relation, ce moment douloureux o\u00f9 il devient difficile de l\u00e2cher prise \u00bb, obs\u00e9d\u00e9 par le contact sur le point d\u2019\u00eatre rompu, par le petit point vert qui, sur nos t\u00e9l\u00e9phones, signale la pr\u00e9sence en ligne de l\u2019autre, \u00ab cette tendance malsaine \u00e0 nourrir l\u2019espoir par des \u00e9changes. C\u2019est un apprentissage que j\u2019ai d\u00fb faire ces derni\u00e8res ann\u00e9es et qui n\u2019est facile. \u00bb<\/p>\n<div style=\"margin: 10px; padding: 20px 20px 20px 20px; color: #ffffff; background-color: #cc102a; border: #000000 2px solid; width: 90%; float: center;\">\n<p><strong>Sur la musique \u00e0 l\u2019image<\/strong><\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin, ensemble sous Milk &amp; Bone ou chacune de leur c\u00f4t\u00e9, composent pour le cin\u00e9ma et la t\u00e9l\u00e9. En duo, elles ont notamment sign\u00e9 les musiques originales des Mafia Inc (2019) et King Dave (2016) de Daniel Grou, alias Podz. Camille (KROY) a pour sa part compos\u00e9 la musique de la s\u00e9rie F\u00e9minin\/F\u00e9minin de Chlo\u00e9 Robichaud et Florence Gagnon et du documentaire Ainsi soient-elles (2019) de Maxime Faure : \u00ab On a compos\u00e9 beaucoup ensemble, mais plus r\u00e9cemment, on travaille ind\u00e9pendamment sur diff\u00e9rents projets \u00bb qu\u2019elles n\u2019\u00e9taient pas encore en mesure de d\u00e9voiler.<\/p>\n<p>\u00ab Pendant la pand\u00e9mie, [la musique \u00e0 l\u2019image] nous a gard\u00e9 actives, abonde Camille. Je pense que, d\u2019une part, associer \u00e0 un groupe ou un\/une artiste [\u00e9tabli] donne d\u00e9j\u00e0 une id\u00e9e du genre de musique qui accompagnera les images. Ensuite, c\u2019est peut-\u00eatre aussi une mani\u00e8re, du point de vue des producteurs [du film ou de la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9] de ne pas trop \u00ab microg\u00e9rer \u00bb le projet. G\u00e9n\u00e9ralement, le r\u00e9alisateur sera tr\u00e8s pr\u00e9sent dans la direction musicale de son projet; engager un ou des musiciens ayant d\u00e9j\u00e0 une identit\u00e9, c\u2019est accepter qu\u2019on souscrive \u00e0 quelque chose d\u2019unique, une signature sonore propre. Moi, je prends cette libert\u00e9 en me disant que si on vient me chercher et mettre mon nom sur un projet, j\u2019ai un droit de veto sur certaines affaires. Par exemple, on est bonnes avec les voix et les synth\u00e9s. Proposer une musique avec un band qui joue de vrais instruments, ce n\u2019est pas nous. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 propos de leur collaboration avec Pods, Laurence ajoute : \u00ab En tant que r\u00e9alisateur, il cherche une certaine sensibilit\u00e9 chez nous. Podz nous avait vus \u00e0 Osheaga, il avait alors ressenti quelque chose dans notre musique, or il a eu envie de nous laisser la libert\u00e9 [dans la cr\u00e9ation de la musique de ses films]. Il a toujours confiance en ce qu\u2019on lui apporte et nous offre un terrain de jeu tr\u00e8s vaste. On appr\u00e9cie ce d\u00e9sir de collaboration active entre lui et nous. \u00bb<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le duo fait \u00e9voluer la forme sans d\u00e9naturer le fond, sur Chrysalism<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":166541,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[1220],"tags":[1483,1259],"class_list":["post-166540","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entrevues","tag-createur-de-musique","tag-montreal"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/166540","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=166540"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/166540\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/166541"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=166540"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=166540"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=166540"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}