{"id":158685,"date":"2018-11-29T20:44:20","date_gmt":"2018-11-29T20:44:20","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/thus-owls-un-mur-a-defoncer\/"},"modified":"2025-10-27T01:26:12","modified_gmt":"2025-10-27T01:26:12","slug":"thus-owls-un-mur-a-defoncer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/thus-owls-un-mur-a-defoncer\/","title":{"rendered":"Thus Owls : un mur \u00e0 d\u00e9foncer"},"content":{"rendered":"<p>Le dramaruge allemand Bertolt Brecht a invent\u00e9 ce mot, \u00ab verfremdungseffekt \u00bb, ou l\u2019effet que provoque en nous le contact avec l\u2019\u00e9trange, l\u2019inconnu. M\u00eame s\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9 par Simon Angell de Thus Owls durant notre entretien, il apparaissait clair que c\u2019est ce qu\u2019il cherchait \u00e0 exprimer \u00e0 travers le d\u00e9sir de son \u00e9pouse musicienne Erika et lui de d\u00e9foncer \u00ab la barri\u00e8re invisible \u00bb entre le public et leur groupe <a href=\"https:\/\/www.thusowls.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Thus Owls<\/a> &#8211; ce que Brecht appelait en son temps \u00ab briser le quatri\u00e8me mur \u00bb. Cette simple id\u00e9e, compliqu\u00e9e \u00e0 ex\u00e9cuter, fut m\u00eame le d\u00e9tonateur de l\u2019\u00e9criture de leur quatri\u00e8me album, <em><a href=\"https:\/\/smarturl.it\/TMTWLU\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">The Mountain That We Live Upon<\/a><\/em>, paru le 28 septembre dernier.<\/p>\n<p>\u00ab \u00c7a faisait un an et demi qu\u2019on travaillait l\u00e0-dessus \u00bb, dit Simon, en \u00e9voquant le concert-concept que Thus Owls a donn\u00e9 au Centre PHI \u00e0 Montr\u00e9al le mois dernier. \u00ab C\u2019est quand m\u00eame bizarre, on a travaill\u00e9 sur le concert avant m\u00eame de travailler sur l\u2019album \u00bb, dit-il, ajoutant du m\u00eame souffle : \u00ab <em>One feeds the other<\/em>, comme on dit \u00bb.<\/p>\n<div style=\"float: left; margin: 0 15px 5px 0;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Ztuxg9tOkzQ\" width=\"550\" height=\"310\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/div>\n<p>Normalement, on compose de nouvelles chansons avant de les enregistrer pour pouvoir ensuite les d\u00e9fendre sur sc\u00e8ne. L\u00e0, sans autres chansons que celles de leurs trois pr\u00e9c\u00e9dents albums ou EP (le dernier, <em>Black Matter<\/em>, remontait \u00e0 novembre 2015), en cogitant sur le spectacle, l\u2019album est apparu.<\/p>\n<p>\u00ab G\u00e9n\u00e9ralement, en concert, le band est sur une sc\u00e8ne, \u00e9lev\u00e9e, le public devant, on vouait casser \u00e7a. Amener les gens dans notre monde, comme nous sommes dans le leur. Si je peux dire en anglais : <em>level-playing field<\/em> \u00bb. Le Centre PHI \u00e9tait le lieu tout d\u00e9sign\u00e9 pour \u00e7a. Un laboratoire. L\u2019orchestre au centre de la salle, le public tout autour. \u00ab On ne pouvait pas demander une meilleure salle. Nous \u00e9tions six musiciens : le c\u0153ur du groupe, \u00c9rika, moi, Samuel Joly notre batteur, puis trois autres guitaristes, plant\u00e9s dans la foule. Dans une autre salle, il y avait une installation comprenant un dactylo avec un micro, branch\u00e9 sur des effets de delay, et Karl Lemieux qui faisait des projections pendant le concert. Et une danseuse contemporaine, \u00e7a a donn\u00e9 une performance tr\u00e8s multidisciplinaire. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait super, assure Simon. La sonorisation m\u00eame, optimale malgr\u00e9 les d\u00e9fis techniques et les guitaristes partout dans la salle avec leurs propres amplis. \u00ab Le meilleur son que j\u2019ai connu de ma vie de musicien \u2013\u00a0 m\u00eame que le son changeait si tu te d\u00e9pla\u00e7ais dans la salle. \u00bb. Qu\u2019en aurait pens\u00e9 Brecht, un grand amateur d\u2019indie rock tortur\u00e9, comme on le sait tous ? Il aurait dit : c\u2019est bien, mais \u00e0 quel dessein? Abattre un mur, soit, mais pour raconter quoi ?<\/p>\n<p>\u00ab Bonne question, convient le musicien. \u00c7a revient ensuite au concept de l\u2019album, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 surtout par Erika, puisque c\u2019est elle qui \u00e9crit les textes. Alors, voil\u00e0 : Erika et moi formons un couple, et on se questionnait sur le projet d\u2019avoir des enfants, fonder une famille. Et \u00e7a nous a pris plusieurs ann\u00e9es avant de se d\u00e9cider : Allez, on le fait. Le concept de l\u2019album, c\u2019est \u00e7a. Le temps pass\u00e9 \u00e0 en arriver \u00e0 cette d\u00e9cision. Les paroles de l\u2019album abordent nos questionnements, surtout de son point de vue, un point de vue f\u00e9ministe. Comment tout change dans la vie d\u2019un couple, comment \u00e7a a un impact sur le travail, la cr\u00e9ativit\u00e9. C\u2019est un disque sur le rapport \u00e0 la famille. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9coute de <em>The Mountain that we Live Upon<\/em>, on ressent tous les doutes qui ont anim\u00e9 leurs conversations. Comme c\u2019est l\u2019habitude chez Thus Owls, le gris l\u2019emporte sur la lumi\u00e8re, la voix d\u2019Erika per\u00e7ant des brumes de guitares et de batterie. Ici, m\u00eame les embellies m\u00e9lodiques sont vite assombries par les guitares de Simon.<\/p>\n<div style=\"float: left; margin: 0 15px 5px 0;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/o1Jx7xMtaJs\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\" data-mce-fragment=\"1\"><\/iframe><\/div>\n<p>\u00ab C\u2019est nous \u00e7a, \u00e0 la base, r\u00e9plique le musicien. C\u2019est l\u2019expression de nos personnalit\u00e9s, bien que nous ne soyons pas des gens sombres dans la vie. La vie n\u2019est pas noire ou blanche; y\u2019a des moments gris, on est tous humains de la m\u00eame mani\u00e8re. On essaie simplement de traduire \u00e7a en musique. Les moments doux, <em>chill<\/em>, et les passages plus bizarres\u2026 c\u2019est la vie! \u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame leur m\u00e9thode d\u2019\u00e9criture est bizarre, explique Simon. Chacun dans son coin. Rarement \u00e0 quatre mains sur une m\u00eame chanson. \u00ab Nous sommes deux personnes assez solitaires \u00bb. Chacun arrive avec sa propre id\u00e9e de chanson, ensuite partag\u00e9e avec l\u2019autre, et s\u2019en suit une partie de ping-pong cr\u00e9atif avec ladite id\u00e9e. C\u2019est en studio, avec le groupe, que cette id\u00e9e prend enfin corps.<\/p>\n<p>\u00ab On n\u2019est pas le genre de groupe \u00e0 passer un an en studio \u00e0 peaufiner le r\u00e9sultat. Ce disque, on l\u2019a enregistr\u00e9 en quatre jours, parce qu\u2019on aime le c\u00f4t\u00e9 live du processus. Toutes les chansons ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es en trois prises, maximum. On aime le c\u00f4t\u00e9\u2026 Je ne veux pas dire \u00ab jazz \u00bb, mais on recherche l\u2019\u00e9nergie du moment. Je suis d\u2019avis qu\u2019apr\u00e8s trois prises, cette \u00e9nergie dispara\u00eet. Si tu ne l\u2019as pas, l\u2019\u00e9nergie n\u2019y est pas, alors on jette tout et nous y reviendrons plus tard. \u00bb Tout a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 en direct \u00e0 l\u2019automne 2017 aux studios Hotel2Tango, le son brut, \u00ab la batterie qui \u00ab saignait \u00bb dans le piano \u00bb.<\/p>\n<p>Quant au concert \u00e0 l\u2019origine du projet, Erika et Simon Angell souhaitent le pr\u00e9senter \u00e0 nouveau dans sa forme multidisciplinaire. Entre temps, le couple profitera de belles occasions pour pr\u00e9senter les chansons de <em>The Mountain That We Live Upon<\/em> : le vendredi 30 novembre au Bar Le Ritz PDB, en premi\u00e8re partie de la superbe Marissa Nadler (et encore le 1er d\u00e9cembre au Baby G de Toronto), le 18 janvier 2019 au Th\u00e9\u00e2tre Outremont en compagnie de CHANCES, puis le 24 du m\u00eame mois \u00e0 la Sala Rossa, durant le jeune festival Lux Magna.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Les moments doux, chill, et les passages plus bizarres\u2026 c\u2019est la vie! \u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":131932,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-158685","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-non-categorise"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/158685","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=158685"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/158685\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/131932"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=158685"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=158685"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=158685"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}