{"id":158477,"date":"2018-10-11T19:24:49","date_gmt":"2018-10-11T19:24:49","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/marie-davidson-adieu-au-dancefloor\/"},"modified":"2025-10-27T01:23:32","modified_gmt":"2025-10-27T01:23:32","slug":"marie-davidson-adieu-au-dancefloor","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/marie-davidson-adieu-au-dancefloor\/","title":{"rendered":"Marie Davidson : adieu au dancefloor"},"content":{"rendered":"<p>Sur <em>Working Class Woman<\/em>, la productrice montr\u00e9alaise Marie Davidson nous ouvre son journal intime, tout en poursuivant son audacieuse qu\u00eate musicale au croisement de l\u2019\u00e9lectro-industriel, de l\u2019ambient, de l\u2019italo-disco et du techno.<\/p>\n<p>Lanc\u00e9 \u00e0 la fin ao\u00fbt, le premier extrait<em> <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=kmxc7Mc9Yms\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">So Right<\/a><\/em> nous emmenait visiblement sur une fausse piste avec sa facture dance et son habillage pop. Compos\u00e9e dans le cadre de <em>Bullshit Threshold<\/em>, spectacle interdisciplinaire qu\u2019elle a pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al 2016 et \u00e0 Barcelone en 2017, la chanson a permis \u00e0 la compositrice de sortir de sa zone de confort. \u00ab J\u2019ai jamais fait quelque chose d\u2019aussi accessible\u00bb, reconnait celle que plusieurs ont connue au sein du duo <a href=\"\/features\/essaie-pas-oiseaux-de-nuit\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Essaie pas<\/a>. \u00ab Au d\u00e9part, la pi\u00e8ce \u00e9tait int\u00e9gr\u00e9e au spectacle comme un commentaire sur la <em>club culture<\/em>, sur l\u2019\u00e9poque dans laquelle on vit. En la sortant de son contexte, je la trouvais effectivement un peu trop pop. Je me suis pos\u00e9 beaucoup de questions, mais finalement, je l\u2019ai gard\u00e9e. Le label l\u2019aimait vraiment. \u00bb<\/p>\n<p>Notamment marqu\u00e9 par ses r\u00e9flexions sur le \u00ab monde de la nuit et du show-business \u00bb, ce spectacle conceptuel a \u00e9t\u00e9 le point d\u2019ancrage pour la cr\u00e9ation de l\u2019opus, qui a par la suite \u00e9t\u00e9 nourri par les exp\u00e9riences de l\u2019artiste lors de sa derni\u00e8re tourn\u00e9e, en soutien \u00e0 son album <em><a href=\"https:\/\/open.spotify.com\/album\/6mdIs3bkdfUTmRdkFEmQMc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Adieux au dancefloor<\/a><\/em>. \u00ab Je me suis ramass\u00e9e avec 14 pi\u00e8ces, mais \u00e0 mon sens, il n\u2019y avait pas d\u2019album l\u00e0-dedans. J\u2019ai donc filtr\u00e9 les chansons pour en extraire les meilleures et je me suis construit un pacing avec \u00e7a. L\u2019important, c\u2019\u00e9tait l\u2019ordre, le fil narratif. Je vais trouver une histoire. \u00bb<\/p>\n<p>Ainsi, <em><a href=\"https:\/\/open.spotify.com\/album\/0gaLS3TyRA9ZD4Ong9q5RG\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Working Class Woman<\/a><\/em> est un livre ouvert sur les pens\u00e9es et les angoisses d\u2019une auteure-compositrice-interpr\u00e8te qui, aux prises avec un rythme de travail intense et \u00e9puisant, tente de maintenir le cap et de garder le moral. \u00ab On est loin des chansons oniriques et plut\u00f4t floues de mes albums d\u2019avant. C\u2019est un album assez \u00e9go\u00efste, plut\u00f4t intime. \u00bb<\/p>\n<p>En ouverture, <em>Your Biggest Fan<\/em> t\u00e9moigne avec cynisme des rencontres futiles et des conversations vides de sens auxquelles elle est confront\u00e9e soir apr\u00e8s soir en tourn\u00e9e. Plus loin, sur <em>The Psychologist<\/em>, Davidson livre un portrait mordant de la th\u00e9rapie qu\u2019elle a entam\u00e9e il y a plusieurs mois, avant de poursuivre son introspection sur <em>La chambre int\u00e9rieure<\/em>, finale captivante qu\u2019elle consid\u00e8re comme sa chanson la plus personnelle \u00e0 ce jour. \u00ab J\u2019\u00e9tais chez mon p\u00e8re \u00e0 la campagne quand je l\u2019ai \u00e9crite. \u00c0 ce moment-l\u00e0, je vivais une p\u00e9riode difficile, marqu\u00e9e par plusieurs changements. J\u2019\u00e9tais assise sur le bord d\u2019un char, pr\u00e8s d\u2019une cl\u00f4ture, et je pensais \u00e0 ma vie, \u00e0 ma propre d\u00e9finition de l\u2019amour \u00bb, se rappelle-t-elle, encore habit\u00e9e par une certaine m\u00e9lancolie. \u00ab Je n\u2019ai pas trouv\u00e9 de r\u00e9ponses concr\u00e8tes, mais j\u2019ai compris que, pour aimer, \u00e7a prenait du courage. \u00bb<\/p>\n<div style=\"float: left; margin: 0 15px 5px 0;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/XrsnPihi1mo\" width=\"550\" height=\"310\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>Rares sont les artistes issus du vaste milieu \u00e9lectronique \u00e0 accorder une aussi grande importance aux textes. Dans une critique \u00e9logieuse de son troisi\u00e8me album, le magazine am\u00e9ricain Pitchfork associait d\u2019ailleurs Marie Davidson au courant poetronica, un genre nomm\u00e9 par The Guardian en 2011 dans la foul\u00e9e de la sortie de <em>We\u2019re New Here<\/em>, album de remix du producteur Jamie xx et du regrett\u00e9 po\u00e8te Gil Scott-Heron. Pour la principale int\u00e9ress\u00e9e, cette dichotomie entre textes intimistes et musique taill\u00e9e sur mesure pour les clubs va de soi depuis ses d\u00e9buts comme productrice. \u00ab Pour moi, c\u2019est une fusion naturelle, m\u00eame que les mots viennent souvent avant la musique. En tourn\u00e9e, je prends souvent des notes dans mon t\u00e9l\u00e9phone : des courtes phrases, des jokes, des petites id\u00e9es\u2026 Je m\u2019en inspire apr\u00e8s pour mes chansons. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 cet effet, Davidson a profit\u00e9 \u00e0 bon escient d\u2019une immersion \u00e0 Berlin, ville o\u00f9 elle a habit\u00e9 entre octobre 2016 et d\u00e9cembre 2017. La fougueuse sc\u00e8ne \u00e9lectronique de la capitale allemande transparait dans le son et dans l\u2019esprit de ce quatri\u00e8me album. \u00ab C\u2019est vraiment le Disneyland du clubbeur l\u00e0-bas. Si tu veux, tu peux faire le party du jeudi au lundi, sans jamais aller te coucher \u00bb, explique-t-elle. \u00ab La premi\u00e8re fois que j\u2019y suis all\u00e9e, en 2012, j\u2019ai beaucoup fait la f\u00eate, mais l\u00e0, cette p\u00e9riode-l\u00e0 de ma vie est derri\u00e8re moi. Maintenant, je ne fais plus le party, c\u2019est moi qui le donne ! \u00c0 31 ans, je ne suis juste physiquement plus capable. M\u00eame au niveau intellectuel, \u00e7a ne m\u2019excite plus autant qu\u2019avant. \u00c0 la place, je fais de la m\u00e9ditation et du sport, et je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 la psychologie. C\u2019est un gros changement dans ma vie. \u00bb<\/p>\n<p>Bref, <em>Working Class Woman<\/em> marque un tournant dans la carri\u00e8re et dans la vie de l\u2019artiste. Fi\u00e8re de son \u00e9volution artistique jusqu\u2019\u00e0 maintenant, elle entame une \u00e9ni\u00e8me tourn\u00e9e europ\u00e9enne, qui l\u2019am\u00e8nera notamment en Pologne, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.<\/p>\n<p>Signe de l\u2019engouement qu\u2019elle g\u00e9n\u00e8re de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique, il faudra attendre au mois de f\u00e9vrier pour la voir sur les planches au Qu\u00e9bec, l\u00e0 o\u00f9 elle obtient encore un rayonnement tr\u00e8s limit\u00e9, malgr\u00e9 le Prix Musique \u00e9lectronique remport\u00e9e au Gala de la SOCAN 2017. Sans en faire son cheval de bataille, elle s\u2019explique mal la situation. \u00ab Si je comptais encore sur le Qu\u00e9bec pour gagner ma vie, je serais encore en train de manger du Kraft Diner ! \u00bb s\u2019exclame-t-elle, quelque peu am\u00e8re. \u00ab Moi, j\u2019ai beaucoup de respect pour la sc\u00e8ne underground montr\u00e9alaise. C\u2019est de l\u00e0 que je viens, et il y a encore beaucoup de groupes tr\u00e8s inspirants qui ont vraiment du talent. Mais au-del\u00e0 de \u00e7a, c\u2019est le d\u00e9sert. Y\u2019a pas de place pour le genre de musique \u00e9lectronique qu\u2019on fait. En fait, oui, \u00e0 Mutek\u2026 mais c\u2019est une fois par ann\u00e9e ! \u00c0 titre personnel, j\u2019ai fait huit demandes de bourse au Conseil des arts et des lettres du Qu\u00e9bec (CALQ) et j\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e. J\u2019ai encore espoir que \u00e7a va changer, mais d\u2019ici l\u00e0, je continue \u00e0 faire mes affaires. J\u2019ai la chance de gagner ma vie avec ma musique, c\u2019est \u00e7a qui compte. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La productrice montr\u00e9alaise nous ouvre son journal intime<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":131575,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-158477","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-non-categorise"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/158477","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=158477"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/158477\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/131575"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=158477"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=158477"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=158477"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}