{"id":156636,"date":"2021-04-27T12:45:00","date_gmt":"2021-04-27T12:45:00","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/laura-niquay-la-messagere\/"},"modified":"2025-10-25T23:40:35","modified_gmt":"2025-10-25T23:40:35","slug":"laura-niquay-la-messagere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/laura-niquay-la-messagere\/","title":{"rendered":"Laura Niquay : la messag\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-22069\" src=\"https:\/\/uat.socan.com\/wp-content\/uploads\/2021\/04\/LauraNiquay_ByMonseMuro_InStory-300x300.jpg\" alt=\"Laura Niquay\" width=\"300\" height=\"300\" \/>Elle est n\u00e9e avec une guitare dans les mains, dans une famille de musiciens o\u00f9 on chantait autant Hank Williams que Georges Moustaki. \u00ab Je suis l\u2019h\u00e9riti\u00e8re de ce talent familial \u00bb, dit <a href=\"https:\/\/nikamowin.com\/fr\/artiste\/laura-niquay\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Laura Niquay<\/a>, qui offrira le 30 avril un nouvel album de chansons folk et rock intitul\u00e9 <a href=\"https:\/\/smarturl.it\/presave-w.matisiwin\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Waska Matiwisin<\/em><\/a>, signifiant \u00ab cercle de vie \u00bb dans sa langue atikamekw. \u00ab Et moi, je suis n\u00e9e pour \u00eatre messag\u00e8re. C\u2019est mon talent &#8211; c\u2019est tr\u00e8s important de valoriser le talent qu\u2019on a \u00bb.<\/p>\n<p>Mais ce qui importe d\u2019abord, insiste l\u2019autrice-compositrice-interpr\u00e8te Laura Niquay, c\u2019est de bien articuler en chantant. \u00ab Surtout que j\u2019\u00e9cris de plus en plus avec des mots atikamekw qu\u2019on n\u2019utilise plus aujourd\u2019hui, et qui pourtant \u00e9taient utilis\u00e9s auparavant. C\u2019est bon pour les jeunes de notre communaut\u00e9, ceux qui vivent en milieu urbain, surtout \u00bb, comme elle d\u2019ailleurs, aujourd\u2019hui r\u00e9sidente de Trois-Rivi\u00e8res, \u00e0 plus de trois heures de route de son village d\u2019origine, Wemotaci, au nord-ouest de La Tuque, au Qu\u00e9bec.<\/p>\n<p>Exemple de mots en voie de disparition, tir\u00e9s de la chanson <em>Moteskano<\/em>, un folk boost\u00e9 aux guitares \u00e9lectriques cadenc\u00e9 par une batterie rock et des tambours traditionnels : \u00ab Nikinako ketcikinako \u00bb, chant\u00e9s dans le refrain. Ils signifient \u00ab enlever nos chaussures, remettre nos chaussures \u00bb &#8211; \u00ab on exprime \u00e7a autrement aujourd\u2019hui, dit la musicienne. En plus, dans notre nation, on a trois communaut\u00e9s distinctes, et chacune d\u2019elle parle un peu diff\u00e9remment l\u2019atikamekw. J\u2019ai des neveux et ni\u00e8ces qui habitent en ville et qui, peu \u00e0 peu, perdent l\u2019usage de notre langue, et \u00e7a me touche beaucoup. C\u2019est important pour moi de bien chanter dans notre langue \u00bb.<\/p>\n<p>Le travail d\u2019\u00e9criture est minutieux pour Laura Niquay, qui dit consulter les ain\u00e9s et travailler avec des technolinguistes &#8211; \u00ab trois femmes atikamekw qui se sont sp\u00e9cialis\u00e9es dans le domaine \u00bb &#8211; pour s\u2019assurer d\u2019avoir le mot juste dans ses chansons et tenter d\u2019en r\u00e9habiliter que le temps a presque effac\u00e9s de la m\u00e9moire. \u00ab Moi-m\u00eame, j\u2019apprends des mots que je n\u2019avais jamais entendus de ma vie, c\u2019est pour \u00e7a que c\u2019est important de collaborer avec une technolinguiste \u00bb. C\u2019est sans compter les nouveaux mots venant enrichir le vocabulaire de la langue ancestrale \u00ab comme le mot ordinateur &#8211; \u00e7a fait pas longtemps qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 ! \u00bb Il se traduit par \u00ab Kanokepitcikan \u00bb. Le mot pour Internet est encore plus complexe: Pamikicikowipitcikan.<\/p>\n<p>Ils n\u2019apparaissent pas dans les textes de Waska Matiwisin parce que Laura Niquay pr\u00e9f\u00e8re chanter l\u2019universel plut\u00f4t que le moderne. L\u2019importance de la famille, du respect de la nature, du sacr\u00e9 et du spirituel, th\u00e8mes centraux de son nouvel album. \u00ab C\u2019est d\u2019abord un disque sur la r\u00e9silience \u00bb, assure-t-elle, un mot dont la signification \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop bien comprise des peuples autochtones avant que le reste du Canada se le soit r\u00e9p\u00e9t\u00e9 pendant la pand\u00e9mie.<\/p>\n<div style=\"float: right; margin: 0 15px 5px 0;\"><iframe loading=\"lazy\" title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/E4VbMmsvJm0\" width=\"550\" height=\"310\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>\u00ab Il y a aussi une chanson qui parle du deuil, <em>Otakocik\/Hier<\/em>, parce qu\u2019on en vit beaucoup dans nos communaut\u00e9s, \u00e7a aussi, \u00e7a me touche beaucoup, explique la musicienne. Une autre chanson parle du suicide Et y\u2019a une chanson, <em>Nicim\/Mon petit fr\u00e8re<\/em>, qui parle du suicide. Mais ce sont des chansons qui servent \u00e0 en faire la pr\u00e9vention &#8211; c\u2019est pour \u00e7a que je dis que je suis une messag\u00e8re. Je ne veux surtout pas \u00eatre d\u00e9primante, mais je veux simplement partager mon point de vue sur ce \u00ab cercle de vie \u00bb dans lequel nous nous trouvons tous \u00bb, avec ses drames et ses moments de bonheur. \u00ab Chacun vit avec ses probl\u00e8mes, partout dans le monde. On est tous humains, et cet album est fait pour tout le monde \u00bb.<\/p>\n<p>Laura Niquay a mis trois ans de travail pour composer et enregistrer (au studio Sophronik de Verdun, sous la r\u00e9alisation de Simon Walls) la douzaine de chansons de son nouvel album <em>Waska Matisiwin<\/em>. De la ballade folk douce aux timbres de guitare slide (<em>Aski\/Terre<\/em>) livr\u00e9e avec cette voix qu\u2019elle qualifie elle-m\u00eame de \u00ab sabl\u00e9e \u00bb au rock puissamment envoy\u00e9 (formidable <em>Eki Petaman\/Ce que j\u2019ai entendu<\/em>), en passant par <em>Nicim\/Mon petit fr\u00e8re<\/em> une \u00e9tonnante collaboration avec Shauit, sur un groove vaguement reggae, chant\u00e9e en atikamekw et en innu.<\/p>\n<p>L\u2019une des plus touchantes de l\u2019album se nomme <em>Nicto Kicko<\/em>, la voix apaisante de Laura Niquay se posant sur le son d\u2019un piano droit appelant ensuite l\u2019orchestre. Le titre signifie Trois jours, soit le temps que la musicienne est demeur\u00e9e sans nouvelles de son p\u00e8re. \u00ab J\u2019ai fait une chanson lente avec cette histoire, parce que trois jours sans nouvelles, c\u2019est long, et en plus, il neigeait. Un de mes oncles avait \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 mort chez lui, on ne voulait pas que \u00e7a se reproduise \u00bb. Au bout de trois jours, il a \u00e9t\u00e9 aper\u00e7u sortant de l\u2019\u00e9picerie. \u00ab <em>Il ne nous avait jamais entendus \/ Parce que pendant trois jours \/\u00a0<\/em><em>Il voulait \u00eatre seul \/ Avec ses \u00e9couteurs aux oreilles<\/em> \u00bb, chante simplement Laura.<\/p>\n<p>\u00ab Souvent, lorsque je compose, je cherche d\u2019abord une m\u00e9lodie, puis je m\u2019enregistre pour ne pas l\u2019oublier. Si, disons, j\u2019entends une m\u00e9lodie dans un r\u00eave, en me levant le matin, je vais tout de suite jouer de la guitare. Apr\u00e8s \u00e7a, j\u2019\u00e9cris le texte. Parfois en lisant les histoires des autres, parce qu\u2019il y a beaucoup de gens qui m\u2019\u00e9crivent. Ils me confient leurs histoires, leurs secrets. Moi, je trouve les bons mots dans leurs histoires, et j\u2019en fais une chanson. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab On est tous humains, et cet album est fait pour tout le monde \u00bb<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":122443,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[1220],"tags":[1483],"class_list":["post-156636","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entrevues","tag-createur-de-musique"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/156636","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=156636"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/156636\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/122443"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=156636"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=156636"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=156636"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}