{"id":152208,"date":"2018-05-25T16:43:18","date_gmt":"2018-05-25T16:43:18","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/alfa-rococo-pas-de-temps-a-perdre\/"},"modified":"2018-05-25T16:43:18","modified_gmt":"2018-05-25T16:43:18","slug":"alfa-rococo-pas-de-temps-a-perdre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/alfa-rococo-pas-de-temps-a-perdre\/","title":{"rendered":"Alfa Rococo : Pas de temps \u00e0 perdre"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-10890\" src=\"https:\/\/uat.socan.com\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/AlfaRococo_ByJohn-Londono_InStory.jpg\" alt=\"Alfa Rococo\" width=\"278\" height=\"350\" \/>En regardant les quatre albums lanc\u00e9s par\u00a0<a href=\"https:\/\/alfarococo.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Alfa Rococo<\/a>\u00a0en quatorze ans de carri\u00e8re, un d\u00e9tail frappe. Sur la pochette de chacun de ces disques pose le couple d\u2019auteurs-compositeurs-interpr\u00e8tes Justine Laberge et David Buissi\u00e8res; or, sur\u00a0<a href=\"https:\/\/alfarococo.com\/discography\/lamour-et-le-chaos-2\/\"><em>L\u2019Amour et le chaos<\/em><\/a>, lanc\u00e9 d\u00e9but mai, pour la premi\u00e8re fois, on ne voit pas leurs visages. Ils sont de dos, assis sur un chemin de terre. David Buissi\u00e8res : \u00ab La pochette r\u00e9sume super bien un des th\u00e8mes principaux de l\u2019album : on est assis paisiblement en assistant \u00e0 la fin du monde, une esp\u00e8ce de sc\u00e8ne apocalyptique, la bombe qui vient d\u2019exploser dans le d\u00e9sert&#8230; \u00bb. Justine compl\u00e8te sa phrase : \u00ab Mais on est l\u00e0, bien ancr\u00e9s, c\u2019est dramatique, mais le ciel est rose&#8230; \u00bb<\/p>\n<p><em>L\u2019Amour et le chaos<\/em>, donc. De l\u2019espoir, voire un peu de lumi\u00e8re cach\u00e9e dans les rimes, mais \u00ab y\u2019a quand m\u00eame un constat fataliste l\u00e0-dedans \u00bb, acquiesce Justine. \u00ab C\u2019est vraiment le constat qu\u2019on vit dans une \u00e9poque trouble, le constat d\u2019un cul-de-sac environnemental \u00bb, pr\u00e9cise David. L\u2019espoir, et le pessimisme qui refait surface dans les textes, comme sur\u00a0<a href=\"https:\/\/alfarococo.com\/discography\/chasser-le-malheur\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Chasser le malheur<\/em><\/a>\u00a0(2010) qui contenait les chansons\u00a0<em>Soldat de plomb<\/em>,\u00a0<em>R\u00eave am\u00e9ricain<\/em>\u00a0et la chanson-titre sur une \u00ab musique super joyeuse \u00bb au service d\u2019une histoire \u00ab de temps qui manque, du sentiment d\u2019\u00eatre pogn\u00e9 dans le cycle interminable du m\u00e9tro-boulot-dodo \u00bb.<\/p>\n<p>Ce qui n\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre qu\u2019une image il y a huit ans est devenu leur quotidien. Entre\u00a0<a href=\"https:\/\/alfarococo.com\/discography\/nos-coeurs-ensemble\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Nos coeurs ensemble<\/em><\/a>\u00a0(2014), l\u2019album \u00ab plus lumineux qui c\u00e9l\u00e9brait l\u2019union \u00bb, commente Buissi\u00e8res, et ce quatri\u00e8me album, la vie du couple musicien fut transform\u00e9e par l\u2019arriv\u00e9e de deux b\u00e9b\u00e9s. D\u00e9sormais, chaque minute compte, insiste Justine en toussotant, sympt\u00f4me de la bronchite transmise par la petite derni\u00e8re, \u00ab \u00e9videmment, c\u2019est toujours sur moi que \u00e7a tombe \u2013 David, lui, ne pogne jamais rien! Les cordes vocales sont magan\u00e9es&#8230; \u00bb<\/p>\n<div style=\"float: left; margin: 0 15px 5px 0;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/j6qxBGJFRxM\" width=\"550\" height=\"310\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>David : \u00ab Je dis toujours : on n\u2019a pas \u00e9crit de chansons sur le fait d\u2019avoir eu des enfants, mais sur les effets collat\u00e9raux d\u2019avoir des enfants. Les deux principaux \u00e9tant le rapport au temps \u00bb exprim\u00e9 dans deux des plus belles chansons de l\u2019album,\u00a0<em>Le temps qu\u2019il faut I<\/em>\u00a0et\u00a0<em>II<\/em>, premi\u00e8re port\u00e9e par une rythmique aux accents de house, la seconde berc\u00e9e par un tempo \u00e9lectropop planant \u2013 selon les deux musiciens, cet album est travers\u00e9 par l\u2019influence des nouvelles t\u00eates d\u2019affiche de l\u2019\u00e9lectropop fran\u00e7aise telles que Fakear et Petit Biscuit. \u00ab Notre rapport au temps a vraiment chang\u00e9; on se rend compte que c\u2019est une richesse qu\u2019on exploitait plus ou moins bien auparavant. L\u2019aspect aussi de saisir le moment pr\u00e9sent. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019autre effet collat\u00e9ral, expliquent Laberge et Buissi\u00e8res, est la n\u00e9cessit\u00e9 de fuir le pessimisme, justement. \u00ab On essaie de voir les br\u00e8ches lumineuses \u00bb, dit David en paraphrasant Leonard Cohen, \u00ab avec l\u2019espoir que lorsque la fum\u00e9e retombera, quelque chose de plus beau va rena\u00eetre. C\u2019est vraiment \u00e7a le th\u00e8me de l\u2019album. \u00bb Justine, elle, affirme ne jamais s\u2019\u00eatre sentie si angoiss\u00e9e depuis que la famille s\u2019est agrandie. \u00ab Tout ce qu\u2019on voit qui va mal ne nous concerne plus seulement, mais aussi ceux qui viennent apr\u00e8s nous. \u00bb La petite derni\u00e8re est n\u00e9e il y a six mois, elle n\u2019a encore jamais connu un monde sans Trump\u2026<\/p>\n<div style=\"margin: 10px; padding: 2px 6px 4px 6px; color: #555555; background-color: #99ccff; border: #dddddd 2px solid; width: 40%; float: left;\"><strong>Regroupement des artisans de la musique (RAM)<\/strong><br \/>\nOn devine que les soucis du duo \u00e0 propos de leur m\u00e9tier ont aussi mijot\u00e9 longtemps avant que David Buissi\u00e8res ne finisse par passer \u00e0 l\u2019action en cofondant le Regroupement des artisans de la musique (RAM), au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2017. Le RAM, chapeaut\u00e9 par un Comit\u00e9 de direction compos\u00e9 de musiciens tels que Ga\u00eble, St\u00e9phane Bergeron (Karkwa) et domlebo, vise \u00e0 donner une voix et une direction politique aux musiciens pour favoriser \u00ab la r\u00e9vision du mod\u00e8le de partage des revenus provenant de la commercialisation de la musique afin d\u2019assurer la p\u00e9rennit\u00e9 de la musique qu\u00e9b\u00e9coise \u00bb, indique-ton sur le site. Des musiciens qui parlent d\u2019une m\u00eame voix pour r\u00e9pondre au discours des producteurs, distributeurs, fournisseurs d\u2019acc\u00e8s internet? Il \u00e9tait temps. \u00ab Disons que nous, tous les acteurs de l\u2019industrie de la musique, sommes dans un atelier de peinture, illustre Buissi\u00e8res. Au centre, une chose \u00e0 peindre, tout le monde \u00e0 l\u2019entour, les producteurs ici, les distributeurs ici, les diffuseurs ici, les plates-formes de streaming, et les musiciens, l\u00e0. Tout le monde dessine la m\u00eame chose \u2013 un album, une tourn\u00e9e, une carri\u00e8re \u2013 mais personne n\u2019a le m\u00eame point de vue sur la chose. Et en plus, les musiciens ne se sont pas souvent pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 l\u2019atelier\u2026 L\u2019id\u00e9e, c\u2019est d\u2019abord faire en sorte que les artistes se pr\u00e9sentent \u00e0 l\u2019atelier, et regardent bien comme il faut la chose. Surtout, rares sont ceux qui se donnent la peine de se d\u00e9placer pour comprendre le point de vue de l\u2019autre. Nous, ce qu\u2019on veut faire, c\u2019est aller expliquer le point de vue du musicien aux autres. Ce qui frappe, c\u2019est de constater que les gens de l\u2019industrie se parlent peu, finalement. \u00bb<\/div>\n<p>D\u2019ordinaire, le th\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral d\u2019un disque s\u2019impose d\u00e8s le d\u00e9but du chantier : \u00ab Souvent, c\u2019est une seule chanson qui va nous donner l\u2019id\u00e9e de la direction que prendra l\u2019album, explique Justine. Mais c\u2019est surtout au bout de quatre ou cinq chansons que le disque prend sa forme. \u00bb La proximit\u00e9 du studio avec la maison favorise le raffinement des maquettes, le constant \u00e9tat d\u2019esprit qui engendre les lignes directrices de l\u2019album : \u00ab On a le loisir de passer beaucoup de temps en studio \u00e0 travailler les arrangements, abonde David. Puis survient un d\u00e9clic, une chanson qui surgit et on se dit : Ah! C\u2019est \u00e7a! \u00bb<\/p>\n<p>David Buissi\u00e8res est aux commandes de l\u2019enregistrement et con\u00e7oit l\u2019essence des orchestrations du disque, sous l\u2019\u00e9troite surveillance de Justine Laberge, qui se dit davantage m\u00e9lodiste. \u00ab On fait du ping-pong avec les id\u00e9es, pr\u00e9cise Justine. Pour les textes, au d\u00e9but, on \u00e9crit un peu tous les deux ensemble, puis ensuite chacun de notre c\u00f4t\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>La chanson-th\u00e8me de l\u2019album par exemple, a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite \u00e0 quatre mains, \u00ab mais elle a mijot\u00e9 longtemps, dit Justine. C\u2019est la derni\u00e8re chanson qu\u2019on a faite, c\u2019est elle qui a donn\u00e9 le ton. C\u2019est la premi\u00e8re fois qu\u2019on nomme un de nos disques avec la derni\u00e8re chanson \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 compos\u00e9e. \u00bb Et David d\u2019ajouter : \u00ab On dirait que lorsqu\u2019une chanson mijote longtemps, \u00e7a amoindrit la souffrance, la difficult\u00e9 de cr\u00e9er des chansons. Une chanson comme\u00a0<em>L\u2019Amour et le chaos<\/em>\u00a0a pu attendre trois mois avant d\u2019\u00eatre compl\u00e9t\u00e9e. Tu fais une balade en v\u00e9lo, et l\u00e0 tout d\u2019un coup te vient une id\u00e9e qui s\u2019applique \u00e0 la chanson. \u00bb La plupart de leurs compositions n\u00e9cessitent cette p\u00e9riode d\u2019incubation avant d\u2019\u00eatre m\u00fbres. \u00ab C\u2019est plus souvent trois mois que deux semaines d\u2019attente, malheureusement! \u00bb, \u00e9chappe Justine en souriant. \u00d4 temps, suspend ton vol\u2026<\/p>\n<p>\u00ab Je suis assez classique dans ma fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire, la po\u00e9sie classique, romantique, ce genre de tournures de phrases, des inversions, estime Buissi\u00e8res. Des fois, c\u2019est juste un peu too much, ma mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire, et gr\u00e2ce \u00e0 Justine, \u00e7a finit par trouver le bon \u00e9quilibre. \u00bb<\/p>\n<p>Pour le couple, le chantier d\u2019un nouvel album se divise ainsi en deux phases de travail, la passive et l\u2019active. David : \u00ab Le travail passif, c\u2019est la vie de tous les jours, l\u2019accumulation d\u2019id\u00e9es, le petit carnet de notes pas loin, les flashs qu\u2019on a juste en allant faire du v\u00e9lo. \u00catre \u00e0 l\u2019\u00e9coute et remplir le cahier de l\u2019inspiration, je dirais. Alors que le travail actif, c\u2019est \u00eatre assis dans notre studio, faire des sons, trouver des riffs, ou \u00e0 la table d\u2019un caf\u00e9 \u00e0 \u00e9crire des textes, mettre la main \u00e0 la p\u00e2te. Or le travail passif n\u2019est pas \u00e0 d\u00e9nigrer, m\u00eame s\u2019il peut \u00eatre long, parce qu\u2019il y a beaucoup de petites id\u00e9es, des mots, des grooves, des m\u00e9lodies, qui mijotent longtemps, sur le feu. Quand on s\u2019y met alors, tout \u00e7a a \u00e9volu\u00e9 dans notre esprit, on sent alors que c\u2019est le temps de mener le projet \u00e0 terme. \u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur \u00ab L\u2019Amour et le chaos \u00bb, le duo fusionne l\u2019espoir et le pessimisme<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":152209,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-152208","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-non-categorise"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152208","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=152208"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152208\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/152209"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=152208"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=152208"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=152208"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}