{"id":152006,"date":"2017-10-13T19:44:09","date_gmt":"2017-10-13T19:44:09","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/robert-charlebois-une-carriere-extra-ordinaire\/"},"modified":"2017-10-13T19:44:09","modified_gmt":"2017-10-13T19:44:09","slug":"robert-charlebois-une-carriere-extra-ordinaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/robert-charlebois-une-carriere-extra-ordinaire\/","title":{"rendered":"Robert Charlebois : Une Carri\u00e8re Extra-Ordinaire"},"content":{"rendered":"<p><em>Photos en-dessous par Ronald Labelle<\/em><\/p>\n<p><em>\u00c0 73 ans, Robert Charlebois est encore et toujours une b\u00eate de sc\u00e8ne, en phase avec la grandeur de son \u0153uvre prodigieuse. Le 16 octobre 2017, ce sera \u00e0 la fois ce r\u00e9pertoire immortel et cet homme d\u2019exception qui seront c\u00e9l\u00e9br\u00e9s au Gala de la SOCAN de Montr\u00e9al. <\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-9813\" src=\"https:\/\/uat.socan.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/RobertCharlebois_ByRonaldLabelle_InStory_1.jpg\" alt=\"Young Robert Charlebois\" width=\"400\" height=\"277\" \/>Ce soir-l\u00e0, on lui remettra notamment le prix Excellence, qui souligne le succ\u00e8s remarquable d\u2019un membre SOCAN tout au long de sa carri\u00e8re. Pour le principal int\u00e9ress\u00e9, cet honneur est une belle marque de reconnaissance. \u00ab \u00c7a montre que, s\u2019il y a bien une chose qui f\u00e9d\u00e8re tout le monde, c\u2019est la dur\u00e9e. Le talent, personne ne comprend ce que c\u2019est vraiment, mais les carri\u00e8res de 40, 50 ou 60 ans, \u00e7a veut toujours dire quelque chose. \u00bb<\/p>\n<p>Pourtant, rien ne laissait pr\u00e9sager cette long\u00e9vit\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, alors que le futur enfant terrible de la chanson qu\u00e9b\u00e9coise amor\u00e7ait sa carri\u00e8re comme pianiste aux c\u00f4t\u00e9s de son ami et concitoyen du quartier Ahuntsic \u00e0 Montr\u00e9al, Jean-Guy Moreau. Chanteur et com\u00e9dien vedette des bo\u00eetes \u00e0 chansons, ce dernier se sp\u00e9cialise alors dans les imitations de chansonniers. \u00ab C\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un de tr\u00e8s m\u00e9ticuleux, et il m\u2019avait demand\u00e9 de jouer des tounes lorsqu\u2019il retournait en coulisses pour se changer. L\u2019affaire, c\u2019est que les gens n\u2019aimaient pas \u00e7a du tout quand je chantais\u2026 Ils venaient pour rire, pas pour m\u2019\u00e9couter ! \u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment, <a href=\"https:\/\/www.robertcharlebois.com\/default.asp\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Robert Charlebois<\/a> propose une chanson typique, classique et bien de son temps, h\u00e9rit\u00e9e de l\u2019attrait de son p\u00e8re pour les crooners am\u00e9ricains comme Frank Sinatra et de celui de sa m\u00e8re pour les chansonniers fran\u00e7ais comme Charles Trenet. Fan de Chopin, il a appris \u00e0 jouer du piano au pensionnat, m\u00eame s\u2019il \u00e9tait incapable de lire \u00ab les petites notes noires \u00bb, puis a d\u00e9couvert le rock\u2019n\u2019roll \u00e0 l\u2019adolescence, entre autres Chuck Berry et Jerry Lee Lewis. \u00ab \u00c7a a donn\u00e9 l\u2019amalgame que je suis, quelque part entre Elvis et Maurice Chevalier \u00bb, r\u00e9sume-t-il, en riant.<\/p>\n<p>Suivant les conseils de son professeur Marcel Sabourin, qui l\u2019encourage \u00ab \u00e0 \u00e9clater sa cr\u00e9ativit\u00e9 \u00bb lors de son passage \u00e0 l\u2019\u00c9cole nationale de th\u00e9\u00e2tre du Canada entre 1962 et 1965, il compose plusieurs chansons et donne des spectacles en solo. Une rencontre dans un caf\u00e9 avec le chansonnier et po\u00e8te Jean-Paul Filion s\u2019av\u00e8re tout particuli\u00e8rement marquante.<\/p>\n<p>\u00ab Il m\u2019a vu chanter <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=slRnDmRwTrw\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>La Boul\u00e9<\/em><\/a> et a tout de suite accroch\u00e9. Il m\u2019a dit que, si j\u2019\u00e9tais capable d\u2019en faire 10-12 de m\u00eame, il allait me pr\u00e9senter un gars qui s\u2019appelle John Damant. Pas longtemps apr\u00e8s, je suis all\u00e9 voir ce producteur-l\u00e0 avec mon habit chic pis mes chaussures blanches. Il m\u2019a dit\u00a0: \u2018\u2019Avec toi, on fera pas un 45 tours\u2026 On va tout de suite commencer par un album, car t\u2019es dans le calibre de Vigneault et L\u00e9veill\u00e9e.\u2019\u2019 Six mois plus tard, je suis revenu avec mes chansons, et on a enregistr\u00e9 tout l\u2019album en un apr\u00e8s-midi. \u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-9814\" src=\"https:\/\/uat.socan.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/RobertCharlebois_ByRonaldLabelle_InStory_2.jpg\" alt=\"Robert Charlebois 1970s\" width=\"400\" height=\"291\" \/>Succ\u00e8s d\u2019estime, <a href=\"https:\/\/www.robertcharlebois.com\/default.asp?albId=31&amp;p=3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Vol.1<\/em><\/a> pave la voie \u00e0 son successeur, qui parait en 1966. Presque reni\u00e9 par son auteur, ce dernier passe quelque peu inaper\u00e7u, et Charlebois r\u00e9alise qu\u2019il doit changer son approche. \u00ab Si bien \u00e9crire, c\u2019est \u00e9crire comme personne, alors chanter, \u00e7a se doit d\u2019\u00eatre pareil. Bref, pourquoi essayer d\u2019\u00eatre un B\u00e9caud No. 2 quand il y en a d\u00e9j\u00e0 un ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0 \u00c0 ce moment, la revendication culturelle des peuples commen\u00e7ait\u00a0: les Bretons voulaient chanter comme les Bretons, et nous autres aussi, on se rendait compte qu\u2019on n\u2019\u00e9tait pas des Fran\u00e7ais. Sur mon troisi\u00e8me album, j\u2019ai donc int\u00e9gr\u00e9 des mots du patois qu\u00e9b\u00e9cois. C\u2019\u00e9tait encore entre deux chaises comme \u00e9criture, mais \u00e7a ressemblait \u00e0 rien de ce qu\u2019on entendait \u00e0 la radio. \u00bb<\/p>\n<p>D\u00e9cid\u00e9 \u00e0 ouvrir ses horizons, le jeune vingtenaire part \u00e0 la d\u00e9couverte de l\u2019Ouest am\u00e9ricain pendant trois mois. Invit\u00e9 \u00e0 s\u00e9journer chez la s\u0153ur de Michel Robidoux, son ami proche qui l\u2019a initi\u00e9 \u00e0 la guitare \u00e9lectrique, il rencontre plusieurs musiciens d\u2019importance, notamment des membres de The Byrds et Big Brother and the Holding Company, dont fait partie Janis Joplin. \u00ab C\u2019\u00e9tait le sommet du <em>flower power<\/em>, juste avant l\u2019affaire Charles Manson. Une porte en ouvrait une autre, et tout \u00e7a gr\u00e2ce au langage international qu\u2019est le blues. J\u2019\u00e9tais sur le balcon d\u2019un motel au bord de la plage et, quand j\u2019entendais une guitare, je lui r\u00e9pondais avec la bonne tonalit\u00e9. J\u2019ai rencontr\u00e9 du monde comme \u00e7a et, \u00e9ventuellement, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 un party chez Peter Fonda, o\u00f9 toute la Terre semblait aussi avoir \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e. Y\u2019avait de la bouffe, de la boisson pis du pot pour tout le monde ! Au bout de trois mois, je suis revenu \u00e0 Montr\u00e9al et, dans les poches, j\u2019avais le m\u00eame 5$ avec lequel j\u2019\u00e9tais parti. \u00bb<\/p>\n<p><strong>Tout r\u00e9-inventer<\/strong><\/p>\n<div style=\"float: left; margin: 0 15px 5px 0;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/qo8zKhd4Cf0\" width=\"560\" height=\"315\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>C\u2019est avec ce d\u00e9sir bien assum\u00e9 de tout r\u00e9inventer que l\u2019auteur-compositeur-interpr\u00e8te entame la cr\u00e9ation de plusieurs nouvelles chansons. De pair avec les colocs de la commune o\u00f9 il demeure, il s\u2019amuse \u00e0 d\u00e9construire et reconstruire des phrases \u00e9crites par Claude P\u00e9loquin. Ainsi est n\u00e9e <em>Lindberg<\/em> en une nuit.<\/p>\n<p>\u00ab Claude \u00e9crivait sur des paquets de cigarettes, des caisses de bi\u00e8res, des petits papiers. Un soir, les filles (Louise Forestier, Mouffe et Sophie Cl\u00e9ment) ont rassembl\u00e9 ces \u00e9crits \u00e9parpill\u00e9s et me les ont apport\u00e9s. C\u2019est moi qui ai fait le m\u00e9nage dans tout \u00e7a, en trouvant l\u2019intro et le hook. Ensuite, j\u2019ai montr\u00e9 \u00e7a \u00e0 Vigneault, et il m\u2019a dit que c\u2019\u00e9tait pas chantable et que je pourrai jamais mettre \u00e7a en musique. J\u2019ai pris \u00e7a comme un d\u00e9fi ! (\u2026) Louise et moi, on s\u2019est assis et on a trouv\u00e9 l\u2019harmonie, puis on a interpr\u00e9t\u00e9 la chanson \u00e0 des chums de Claude qui passaient par l\u00e0. Ils nous demandaient sans cesse de la rejouer, en s\u2019allumant des p\u00e9tards. Loin de moi l\u2019id\u00e9e de faire l\u2019apologie des drogues, mais disons que la \u2018\u2019psych\u00e9d\u00e9lie\u2019\u2019 nous aidait \u00e0 voir la musique comme un territoire explor\u00e9en. On peut appeler \u00e7a une cr\u00e9ation collective \u00bb, explique celui qui, pour cette chanson, sera aussi r\u00e9compens\u00e9 du prix Empreinte culturelle au prochain Gala de la SOCAN, \u00e0 l\u2019instar de son coauteur Claude P\u00e9loquin et des \u00c9ditions Gamma.<\/p>\n<p>Embl\u00e9matique et pionni\u00e8re, cette chanson donne le ton au reste de la cr\u00e9ation de ce quatri\u00e8me album, cr\u00e9\u00e9 dans une certaine urgence \u00e0 l\u2019aide de quelques collaborateurs de choix tels que le quatuor du Nouveau Jazz Libre du Qu\u00e9bec, Marcel Sabourin et Gilles Vigneault, qui signe le texte de <em>La Marche du Pr\u00e9sident<\/em>. \u00ab \u00c7a, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit en une nuit, la fois o\u00f9 j\u2019ai fait fumer Vigneault pour la premi\u00e8re fois de sa vie! (rires) On est d\u00e9barqu\u00e9s dans son deuxi\u00e8me \u00e9tage \u00e0 Qu\u00e9bec, Louise et moi. J\u2019avais l\u2019air de base en t\u00eate, et Gilles a tout de suite embarqu\u00e9 avec sa plume. \u00bb<\/p>\n<p>Enti\u00e8rement enregistr\u00e9 en une nuit et mix\u00e9 sur une p\u00e9riode de plusieurs semaines au studio du renomm\u00e9 Andr\u00e9 Perry \u00e0 Brossard, <a href=\"https:\/\/www.robertcharlebois.com\/default.asp?albId=25&amp;p=3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Robert Charlebois Louise Forestier<\/em><\/a> obtient d\u2019abord un accueil mitig\u00e9. \u00ab \u00c7a a pris six mois avant que les radios commencent \u00e0 tourner \u00e7a. On s\u2019est fait huer en faisant la premi\u00e8re partie de Jean-Pierre Ferland\u2026 On a m\u00eame \u00e9t\u00e9 excommuni\u00e9s par le cardinal L\u00e9ger parce qu\u2019on disait \u2018\u2019une crisse de chute en parachute\u2019\u2019 ! De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, ceux qui aimaient \u00e7a, ils aimaient vraiment \u00e7a. Les Fran\u00e7ais, notamment, trouvaient qu\u2019il y avait une \u00e9nergie l\u00e0-dedans qu\u2019on ne retrouvait pas ailleurs dans la musique francophone \u00bb, se souvient celui qui a foul\u00e9 les planches de l\u2019Olympia de Paris \u00e0 plusieurs reprises dans les ann\u00e9es subs\u00e9quentes, avant de partir en tourn\u00e9e avec L\u00e9o Ferr\u00e9. \u00ab Moi, en tout cas, j\u2019\u00e9tais convaincu d\u2019une affaire\u00a0: pour une fois, je savais exactement o\u00f9 je m\u2019en allais. \u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-9815\" src=\"https:\/\/uat.socan.com\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/RobertCharlebois_ByRonaldLabelle_InStory_3.jpg\" alt=\"Robert Charlebois L\u2019Osstidcho\" width=\"400\" height=\"257\" \/>Profond\u00e9ment marqu\u00e9 par un spectacle de Frank Zappa qu\u2019il a vu, le chanteur enjoint ses amis Louise Forestier, Mouffe et Yvon Deschamps \u00e0 cr\u00e9er un spectacle multidisciplinaire au Th\u00e9\u00e2tre de Quat\u2019sous, alors d\u00e9tenu par le color\u00e9 Paul Buissonneau. Deux jours avant la premi\u00e8re de mai 1968, ce dernier quitte son r\u00f4le de directeur artistique, incapable de g\u00e9rer la troupe. \u00ab Ton hostie de show, fourre-to\u00e9-le dans l\u2019cul \u00bb, lance-t-il \u00e0 Charlebois, qui voit l\u00e0 une bonne occasion de rebaptiser le spectacle.<\/p>\n<p>\u00ab Il voulait qu\u2019on mette des petits chapeaux en papier, alors que moi, j\u2019arrivais de Californie et que j\u2019avais vu c\u2019\u00e9tait quoi, un show \u00e9clat\u00e9. Il trouvait aussi qu\u2019on jouait trop fort, alors que nous, on voulait faire du rock. On l\u2019a donc cong\u00e9di\u00e9 et on a repens\u00e9 le show en nous laissant plus de place pour improviser \u00bb, se souvient le Montr\u00e9alais. \u00ab \u00c0 la fin de la premi\u00e8re repr\u00e9sentation, silence complet pendant deux bonnes minutes dans la salle. On capotait, on pensait vraiment que c\u2019\u00e9tait le flop de notre vie&#8230; Pis, paf, d\u2019un seul coup, tout le monde s\u2019est lev\u00e9 d\u2019un bond, et y\u2019a eu 10 minutes d\u2019applaudissements. On en revenait pas. \u00bb<\/p>\n<p>Dans une p\u00e9riode mouvement\u00e9e pour l\u2019histoire sociopolitique du Qu\u00e9bec, ce spectacle contribue au renouveau de la culture qu\u00e9b\u00e9coise, au m\u00eame titre que <em>Les Belles-s\u0153urs<\/em> de Michel Tremblay et <em>L\u2019Aval\u00e9e des aval\u00e9s<\/em> de R\u00e9jean Ducharme.<\/p>\n<p><strong>Se r\u00e9aliser sur sc\u00e8ne<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9cennie suivante est \u00e9galement marqu\u00e9e par cet essor culturel manifeste et dynamique. Pr\u00e9sent\u00e9e sur les plaines d\u2019Abraham en 1974, la <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=cZfDRQ_kKOw\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Superfrancof\u00eate<\/em><\/a> en est un des exemples les plus probants en raison de la tenue du spectacle <em>J\u2019ai vu le loup, le renard, le lion<\/em> qui rassemble sur une m\u00eame sc\u00e8ne trois artistes cl\u00e9s de la chanson d\u2019ici\u00a0: F\u00e9lix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois.<\/p>\n<div style=\"float: left; margin: 0 15px 5px 0;\"><iframe loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Y33NKeCnZ_I\" width=\"550\" height=\"310\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<p>\u00ab L\u2019id\u00e9e, c\u2019\u00e9tait de faire une grande f\u00eate c\u00e9l\u00e9brant notre terrain de jeu francophone, sans \u00e9gard aux sensibilit\u00e9s politiques de tout un chacun \u00bb, explique-t-il. \u00ab Je me souviens que F\u00e9lix avait un peu peur de moi. Il avait dit \u00e0 Gilles\u00a0: \u2018\u2019Toi, Gilles, j\u2019te connais, \u00e7a va, mais le petit jeune qui a pitch\u00e9 ses tambours \u00e0 l\u2019Olympia, penses-tu qu\u2019on peut se fier sur lui ? \u00c7a a l\u2019air qu\u2019il prend de la drogue pis toute.\u2019\u2019 En guise de bienvenue, quand je suis all\u00e9 chez lui, il m\u2019a dit\u00a0: \u2018\u2019Parke donc ton char dans l\u2019autre sens, \u00e7a va aller mieux pour t\u2019en aller !\u2019\u2019 (rires) Apr\u00e8s \u00e7a, on a eu ben du fun. On a pris un coup au gin tonique, pis on a pas mal ri. \u00bb<\/p>\n<p>Comme pour beaucoup d\u2019artistes au sommet de leur popularit\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970, le tournant de la d\u00e9cennie suivante marque le d\u00e9but d\u2019un parcours plus sinueux. \u00ab Quand est arriv\u00e9e la p\u00e9riode disco, j\u2019me sentais \u00e0 l\u2019aise de traverser \u00e7a, mais avec du recul, je peux pas dire que c\u2019\u00e9tait une grande p\u00e9riode \u00bb, admet-il. \u00ab Moi aussi, j\u2019ai fini par tomber dans la tentation de la machine \u00e0 rythmes et des synths claviers. C\u2019\u00e9tait correct \u00e0 ce moment-l\u00e0, mais c\u2019est vraiment pas mon monde. Moi, ce que j\u2019aime, c\u2019est la confrontation des cultures et des caract\u00e8res qu\u2019on retrouve dans un orchestre. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est entre autres pour cette raison que l\u2019artiste montr\u00e9alais privil\u00e9gie la sc\u00e8ne au d\u00e9triment du studio durant les d\u00e9cennies 1990 et 2000. Seuls quatre albums de nouvelles chansons sont enregistr\u00e9s durant cette p\u00e9riode, notamment <a href=\"https:\/\/www.robertcharlebois.com\/Default.asp?albId=5&amp;p=3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Doux sauvage<\/em><\/a> et <a href=\"https:\/\/www.robertcharlebois.com\/Default.asp?albId=1&amp;p=3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Tout est bien<\/em><\/a>, respectivement parus en 2001 et 2010 sous La Tribu.<\/p>\n<p>\u00ab Maintenant, y\u2019a pus personne qui attend l\u2019album de personne, et je fais pas exception \u00e0 la r\u00e8gle. De toute fa\u00e7on, c\u2019est rendu l\u2019\u00e8re du streaming, et je pr\u00e9vois la mort de l\u2019industrie agonisante de la chanson francophone d\u2019ici 20 ans. Rendu l\u00e0, il y aura juste des amateurs qui font des mauvaises chansons \u00bb, d\u00e9plore-t-il. \u00ab Mais bon, j\u2019esp\u00e8re \u00eatre encore capable de vous \u00e9tonner. Prochainement, je m\u2019en vais \u00e0 New York pour rencontrer un producteur de Brooklyn. \u00c7a a l\u2019air qu\u2019il fait des merveilles, et je me dis qu\u2019en rencontrant des nouvelles personnes, \u00e7a va peut-\u00eatre m\u2019amener ailleurs. \u00bb<\/p>\n<p>D\u2019ici la sortie potentielle de cet album encore flou, l&rsquo;heure sera au bilan pour Robert Charlebois. Apr\u00e8s tout, 2018 marque \u00e0 la fois les 50 ans de son quatri\u00e8me album phare et du monumental <em>L&rsquo;Osstidcho<\/em>, ce qui laisse sous-entendre\u00a0que les prix du Gala de la SOCAN ne seront que les premi\u00e8res gouttes de la pluie d&rsquo;hommages qu&rsquo;il s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 recevoir.<\/p>\n<p>Mais pour <a href=\"https:\/\/www.robertcharlebois.com\/Default.asp?albId=7&amp;p=3\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">le chanteur masqu\u00e9<\/a>, ces anniversaires \u00e0 haute teneur en nostalgie ne signifient en rien l&rsquo;approche de la retraite. Au contraire, la l\u00e9gende s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 retourner en France pour y donner une tourn\u00e9e en mars et avril prochains. \u00ab Je serais parti plus longtemps, mais mes musiciens et ma femme ne veulent pas ! Un mois et demi, \u00e7a a l\u2019air beaucoup dit comme \u00e7a, mais pour visiter 40 villes, c\u2019est pas tant que \u00e7a, surtout que j\u2019peux pas enchainer les shows comme je voudrais. \u00c7a m\u2019arrive des fois de me comparer et de voir des groupes comme les Stones donner beaucoup moins de shows par ann\u00e9e que moi, sans non plus avoir le m\u00eame niveau d\u2019\u00e9nergie. Pour moi, la musique reste un sport extr\u00eame. C\u2019est le seul que je pratique d\u2019ailleurs. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le r\u00e9cipiendaire du Prix Excellence et du Prix Empreinte culturelle au Gala de la SOCAN 2017, se d\u00e9voile<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":152007,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-152006","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-non-categorise"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152006","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=152006"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/152006\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/152007"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=152006"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=152006"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=152006"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}