{"id":147788,"date":"2014-11-17T20:37:19","date_gmt":"2014-11-17T20:37:19","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/le-r-bien-plus-quun-pion\/"},"modified":"2014-11-17T20:37:19","modified_gmt":"2014-11-17T20:37:19","slug":"le-r-bien-plus-quun-pion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/le-r-bien-plus-quun-pion\/","title":{"rendered":"Le R : bien plus qu\u2019un pion"},"content":{"rendered":"<p>Entre rap et slam, fortement influenc\u00e9 par les rythmes de son enfance et de son adolescence dans son pays d\u2019origine, le B\u00e9nin, Le R nous arrive avec son premier album complet, <i>C\u0153ur de pion<\/i>. \u00ab\u00a0Le R a d\u00e9couvert l\u2019Am\u00e9rique,\u00a0\u00bb comme il se dit si bien dans \u00ab\u00a0Caravelle\u00a0\u00bb. Les \u0153uvres po\u00e9tiques et \u00e9vocatrices du Franco-Ontarien de 30 ans \u00ab\u00a0assagi\u00a0\u00bb parlent d\u2019un homme en mission pour les siens, d\u2019un gitan dont le c\u0153ur bat la chamade, mettent en opposition fleurs et argent du beurre ou nous entra\u00eenent sur la route de la soie et \u00e0 Tombouctou, stimulant non seulement nos oreilles mais aussi nos m\u00e9ninges dans la grande tradition du hip hop.<\/p>\n<p>Le R raconte\u00a0: \u00ab\u00a0Pendant mon enfance, j\u2019\u00e9coutais beaucoup de musique classique et instrumentale \u00e0 la radio, \u00e0 cause de mes parents, en plus des vari\u00e9t\u00e9s fran\u00e7aises que ma m\u00e8re appr\u00e9ciait. Puis \u00e0 l\u2019adolescence, j\u2019ai d\u00e9couvert le rap\u00a0: le groupe fran\u00e7ais IAM cartonnait au B\u00e9nin et certains de mes amis recevaient des disques de leur parent\u00e9, qui circulaient parmi nous. Et ma connaissance de l\u2019anglais n\u2019\u00e9tait pas suffisante \u00e0 l\u2019\u00e9poque pour capter les paroles des rappeurs anglophones.\u00a0\u00bb <div class=\"simplepullquote\">\u00ab Je ne veux pas agresser, je veux \u00eatre \u00e9cout\u00e9. La terre est mon village.\u00a0\u00bb<\/div>\n<p>Son amour de la musique se d\u00e9veloppe naturellement\u00a0: \u00ab\u00a0La musique fait partie du quotidien des gens en Afrique, on absorbe les rythmes automatiquement, on l\u2019entend dans la rue. Mon immersion a donc \u00e9t\u00e9 naturelle. Du c\u00f4t\u00e9 de ma m\u00e8re, tous mes oncles jouaient d\u2019un instrument, par exemple la guitare que j\u2019ai apprise avec eux, ou ils chantaient dans une chorale. J\u2019ai commenc\u00e9 avec un cousin la th\u00e9orie musicale vers 12-13 ans, malgr\u00e9 le fait que je n\u2019envisageais pas n\u00e9cessairement une carri\u00e8re de musicien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le jeune Christian Djohossou, comme il se nommait \u00e0 l\u2019\u00e9poque, recopiait les paroles des chansons qu\u2019il aimait pour les apprendre, en se servant de cassettes. \u00ab\u00a0 Je n\u2019\u00e9tais pas influenc\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque par les artistes africains, j\u2019aspirais \u00e0 autre chose. Les gens des g\u00e9n\u00e9rations qui me pr\u00e9c\u00e9daient \u00e9taient fiers des artistes de chez nous comme Ang\u00e9lique Kidjo, mais moi j\u2019aimais mieux le rap. Ainsi j\u2019ai aussi d\u00e9couvert le collectif fran\u00e7ais d\u2019origine congolaise Bisso Na Bisso, c\u2019est un album que j\u2019ai beaucoup \u00e9cout\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 son amour de la musique, Christian se destinait plut\u00f4t \u00e0 un m\u00e9tier \u00ab\u00a0s\u00e9rieux\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Mes parents me donnaient une \u00e9ducation traditionnelle et je n\u2019aurais jamais os\u00e9 leur annoncer que je voulais \u00eatre artiste. Ils m\u2019auraient laiss\u00e9 faire ce que je voulais, mais ils voyaient bien que les musiciens avaient la vie dure. Quand j\u2019ai immigr\u00e9 au Canada, j\u2019ai choisi Ottawa pour assimiler l\u2019anglais plus facilement tout en sachant que je pourrais utiliser le fran\u00e7ais. Et je suis venu \u00e9tudier en ing\u00e9nierie informatique. Mais d\u00e8s mon arriv\u00e9e il y a une douzaine d\u2019ann\u00e9es, j\u2019ai acquis des instruments de production musicale. \u00c7a a pris du temps pour m\u00fbrir, je suis rest\u00e9 amateur une dizaine d\u2019ann\u00e9es avant de pouvoir vivre de ma musique. C\u2019est la lutte permanente du travailleur autonome!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour son album autoproduit, il a pu miser sur plusieurs collaborateurs exceptionnels, dont Sonny Black au mixage (et \u00e0 la r\u00e9alisation de deux chansons). \u00ab\u00a0J\u2019ai connu Sonny en travaillant avec Yao, qui est dans mon cercle, et nous avons sympathis\u00e9\u00a0: il a r\u00e9ussi le mixage de fa\u00e7on extraordinaire. Il est arriv\u00e9 \u00e0 traduire en un temps record ma sensibilit\u00e9.\u00a0\u00bb Pour Samian, qui a co\u00e9crit \u00ab\u00a0Immortels\u00a0\u00bb et qui la chante avec lui, il raconte\u00a0: \u00ab\u00a0Je l\u2019ai rencontr\u00e9 en 2013 lorsque je faisais sa premi\u00e8re partie et je le respecte beaucoup. Alors je lui ai parl\u00e9 de mon projet, je lui ai propos\u00e9 une trame sonore et un sujet, la collaboration a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s libre. Les mots d\u2019ordre \u00e9taient connexion et collaboration. C\u2019\u00e9tait un sujet personnel et introspectif. Je suis tr\u00e8s chanceux de l\u2019avoir sur mon projet.\u00a0\u00bb Quant \u00e0 Patrick Wright, un jeune artiste de Sudbury\u00a0: \u00ab\u00a0Je l\u2019ai rencontr\u00e9 en 2012, on a jamm\u00e9 et j\u2019ai ador\u00e9 ses chansons. On a gard\u00e9 le contact, je l\u2019ai invit\u00e9 pour une chanson \u00e0 un spectacle et \u00e7a a bien march\u00e9. Alors je lui ai demand\u00e9 de collaborer \u00e0 la musique d\u2019une de mes chansons (\u201cIrr\u00e9versible\u201d).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Yao et Djely Tapa se sont aussi joints \u00e0 lui, mais pour le reste, Le R \u00e9crit textes et musique. \u00ab\u00a0En plus, je produis les paroles et la musique et quand elles se marient bien, le tout est coh\u00e9rent et \u00e7a coule.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Maintenant bien impliqu\u00e9 dans le milieu de la musique du monde, il participait \u00e0 plusieurs \u00e9v\u00e9nements l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier\u00a0: \u00ab\u00a0Avec mon album, j\u2019ai beaucoup roul\u00e9 cet \u00e9t\u00e9\u00a0: Festival International Nuits d\u2019Afrique, Festival Franco-Ontarien, Word Pride et Francof\u00eate \u00e0 Toronto\u2026 Cet automne, j\u2019entreprends des voyages artistiques pour pr\u00e9parer mon prochain album, c\u2019est une p\u00e9riode de cr\u00e9ation et d\u2019introspection. Il y a de fortes chances pour que le prochain album s\u2019appelle <i>D\u00e9tours<\/i>, j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 plusieurs chansons en banque. Je ne pr\u00e9cipite rien, car <i>C\u0153ur de pion<\/i> a encore beaucoup de chemin \u00e0 faire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le R analyse finement le m\u00e9tier de cr\u00e9ateur de chansons\u00a0: \u00ab\u00a0Il ne faut pas tomber dans le pi\u00e8ge de se d\u00e9connecter de soi\u00a0: pour \u00eatre cr\u00e9atif, il faut tout le temps \u00eatre branch\u00e9 sur soi-m\u00eame, \u00eatre dans sa bulle artistique, profiter du momentum.\u00a0\u00bb Quant aux sujets qui l\u2019inspirent, il confie\u00a0: \u00a0\u00ab\u00a0Mon c\u00f4t\u00e9 politique s\u2019exprime avec un certain recul, car je suis pacifiste, je me branche sur le c\u00f4t\u00e9 po\u00e9tique des choses, comme dans \u201cLa cit\u00e9 des 333 Saints\u201d, qui d\u00e9crit l\u2019\u00e2ge d\u2019or de Tombouctou\u00a0: c\u2019est une chanson d\u2019espoir. S\u2019il y a eu \u00e2ge d\u2019or, \u00e7a peut revenir. Je crois toujours que les choses vont rentrer dans l\u2019ordre. Je suis positif, je ne pointe pas du doigt, je ne trouve pas de bouc \u00e9missaire. Sans \u00eatre trop <i>Peace and Love<\/i>, je suis contre la culture de l\u2019animosit\u00e9. Si je fais de la musique, c\u2019est pour passer un message de paix\u00a0: je ne veux pas agresser, je veux \u00eatre \u00e9cout\u00e9. La terre est mon village.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il \u00e9crit des \u0153uvres hip-hop po\u00e9tiques et \u00e9vocatrices<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":109874,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-147788","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-non-categorise"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147788","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=147788"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147788\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/109874"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=147788"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=147788"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=147788"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}