{"id":147754,"date":"2014-10-28T19:58:24","date_gmt":"2014-10-28T19:58:24","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/de-nouvelles-directions-dans-le-jazz-dangereux\/"},"modified":"2014-10-28T19:58:24","modified_gmt":"2014-10-28T19:58:24","slug":"de-nouvelles-directions-dans-le-jazz-dangereux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/de-nouvelles-directions-dans-le-jazz-dangereux\/","title":{"rendered":"De nouvelles directions dans le jazz \u00ab dangereux \u00bb"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Il y a une fa\u00e7on de jouer s\u00fbr, sans risque, d\u2019utiliser des trucs, et il y a la fa\u00e7on dont j\u2019aime jouer, dangereusement, o\u00f9 on prend le risque de faire des erreurs afin de cr\u00e9er quelque chose qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 fait auparavant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Feu Dave Brubeck n\u2019\u00e9tait pas Canadien, pas plus qu\u2019il n\u2019\u00e9tait membre de la SOCAN, mais la citation qu\u2019on lui attribue pourrait s\u2019appliquer \u00e0 bon nombre de membres de la SOCAN qui explorent le jazz et qui am\u00e8nent ce genre dans de nouvelles directions audacieuses et innovatrices. <div class=\"simplepullquote\">\u00ab\u00a0Je me suis plac\u00e9e dans la tradition ce ceux qui ont trouv\u00e9 des fa\u00e7ons de monter et de diriger des big-bands.\u00a0\u00bb \u2013 Darcy James Argue<\/div>\n<p>Le Canada a \u00e9t\u00e9 b\u00e9ni d\u2019artistes avant-gardistes comme le pianiste Oscar Peterson, l\u2019arrangeur Gil Evans, le guitariste Lenny Breau et le tromboniste meneur de big-band Rob McConnell qui se sont forg\u00e9 des r\u00e9putations hors des sentiers battus dans le pass\u00e9, mais 2014 rec\u00e8le aussi sa part d\u2019innovateurs\u00a0: des groupes comme Bad Bad Not Good avec leur sensibilit\u00e9 hip-hop, des compositeurs et exp\u00e9rimentateurs soul-jazz comme Elizabeth Shepherd, Kellylee Evans, dont les interpr\u00e9tations rap \u00e0 couper le souffle nous font \u00e9carquiller les yeux, la formation de cuivres The Heavyweights Brass Band qui conf\u00e8re une saveur d\u2019antan \u00e0 des standards contemporains et \u00e0 de nouvelles pi\u00e8ces originales et le trio aventureux Myriad3 qui en est \u00e0 forger son propre lexique.<\/p>\n<p>Et il y a aussi ces quatre-l\u00e0\u00a0: La Secret Society de Darcy James Argue, ainsi que Christine Jensen, Colin Stetson et le dernier projet de Jane Bunnett intitul\u00e9 Maqueque (prononc\u00e9 ma-k\u00e9-k\u00e9).<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des big-bands, Darcy James Argue, de Vancouver, et la Montr\u00e9alaise Christine Jensen offrent chacun une fa\u00e7on distinctive de g\u00e9rer ce format musical \u00e0 18\u00a0membres dans leurs r\u00e9cents efforts <i>Brooklyn Babylon<\/i> et <i>Habitat,<\/i> respectivement, louang\u00e9s par la critique internationale.<\/p>\n<p>Argue, qui a \u00e9t\u00e9 deux fois en nomination aux Prix Grammy pour le disque de 2010 <i>Infernal Machines<\/i> et celui de 2013 <i>Brooklyn<\/i>, est fier de qualifier sa musique de \u00ab\u00a0big-band steampunk\u00a0\u00bb, une sonorit\u00e9 qui \u00e9voque plus ou moins l\u2019\u00e8re Thad Jones-Mel Lewis, en passant par le favori de Monty Python comme John Philip Sousa, et va du minimalisme \u00e0 un style funk explosif.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai utilis\u00e9 une technologie musicale de la vieille \u00e9cole, celle des cuivres, et je l\u2019ai d\u00e9tourn\u00e9e, lui faisant faire ce pour quoi elle n\u2019\u00e9tait pas destin\u00e9e \u00e0 l\u2019origine,\u00a0\u00bb explique Argue de sa maison de New York. \u00ab\u00a0Le big-band est fortement associ\u00e9 \u00e0 une \u00e9poque et \u00e0 un lieu particuliers dans l\u2019histoire, mais il y a toujours eu des \u00e9nergum\u00e8nes et des originaux dans le monde du jazz pour s\u2019accrocher et trouver des utilisations innovatrices pour cette instrumentation particuli\u00e8re qui s\u2019\u00e9carte largement de la sonorit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque big-band. En revendiquant ce genre, je me suis plac\u00e9 dans la tradition ce ceux qui ont trouv\u00e9 de nouvelles fa\u00e7ons de monter et de diriger des big-bands.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Argue, qui a suivi des \u00e9tudes musicales \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 McGill, \u00e0 Montr\u00e9al, a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 par le tromboniste Bob Brookmeyer \u2013 \u00ab\u00a0un v\u00e9ritable mentor pour moi et un ma\u00eetre de la composition pour grands orchestres,\u00a0\u00bb dit Argue \u2013 \u00e0 \u00e9tudier au Conservatoire de musique de Nouvelle-Angleterre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ils avaient quelque chose d\u2019absolument unique\u00a0: un big-band d\u2019\u00e9tudiants, enti\u00e8rement vou\u00e9 \u00e0 leurs compositions, et qui se r\u00e9unissait chaque semaine, raconte Argue. \u00c7\u2019a \u00e9t\u00e9 pour moi une occasion exceptionnelle d\u2019aiguiser mon talent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Argue admet qu\u2019il n\u2019avait jamais eu l\u2019intention de se sp\u00e9cialiser dans le big-band, mais le temps qu\u2019il a pass\u00e9 au Conservatoire de Nouvelle-Angleterre l\u2019a aid\u00e9 \u00e0 pr\u00e9ciser sa sonorit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement enchant\u00e9 par les possibilit\u00e9s de l\u2019\u00e9criture musicale \u00e0 grande \u00e9chelle, de pouvoir jouer sur une grande densit\u00e9 harmonique et de contrepoint, et de disposer d\u2019une palette de tonalit\u00e9s tellement plus large que celle d\u2019un petit orchestre,\u00a0\u00bb affirme Argue. \u00a0Il y a aussi toute la complexit\u00e9 et la puissance brute qui \u00e9merge d\u2019un groupe de quatorze cuivres et instruments \u00e0 vent qui vous soufflent en pleine face. C\u2019est une exp\u00e9rience absolument unique. C\u2019est devenu quelque chose dont je ne peux plus me passer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est un cheminement semblable qui a conduit de fil en aiguille Christine Jensen vers un grand ensemble, bien que cette saxophoniste alto pr\u00e9f\u00e8re l\u2019expression d\u2019\u00ab\u00a0orchestre de jazz\u00a0\u00bb \u00e0 celle de \u00ab\u00a0big-band\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est ma musique et elle est un peu contemporaine, explique-t-elle. Elle n\u2019est pas d\u2019une \u00e9coute tr\u00e8s facile \u2013 il y a des d\u00e9fis dans la composition pour permettre \u00e0 l\u2019auditeur d\u2019entendre de nouvelles id\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Encens\u00e9e par la critique internationale et honor\u00e9e d\u2019un prix JUNO pour son dernier album <i>Habitat, <\/i>Christine Jensen \u2013 s\u0153ur de la renomm\u00e9e trompettiste canadienne Ingrid Jensen (qui joue dans la Secret Society d\u2019Argue) \u2013 dit que l\u2019inspiration de cet album lui est venue d\u2019une parution de son ancien petit ensemble, <i>Treeline.<br \/>\n<!--nextpage--><\/i>\u00ab\u00a0Il m\u2019a fallu longtemps pour trouver le courage d\u2019aller en studio avec un grand orchestre et de le mettre en marche [pour <i>Habitat<\/i>], admet-elle. Il m\u2019a fallu aussi beaucoup de temps en post-production pour d\u00e9cider du son, parce qu\u2019on peut prendre une foule de directions quand on est avec autant de musiciens.\u00a0 J\u2019ai fini par rassembler quatre compositions assez longues, puis j\u2019en ai ajout\u00e9 quelques-unes de mon ancien r\u00e9pertoire qui n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 encore enregistr\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Christine Jensen dit que le jazz repr\u00e9sente sa forme d\u2019expression id\u00e9ale. \u00ab\u00a0Que je joue seule ou accompagn\u00e9e de vingt autres personnes, tout est affaire de communication, dit-elle. L\u2019objectif est d\u2019imposer sa propre sonorit\u00e9 \u00e0 partir d\u2019une esquisse, d\u2019une partition ou d\u2019une id\u00e9e avec la perspective d\u2019un compositeur. C\u2019est tout aussi important de m\u2019exprimer avec un saxophone, en tant qu\u2019improvisatrice sur le moment. C\u2019est pourquoi tout le monde dit que le jazz est la musique de la libert\u00e9.\u00a0\u00bb <div class=\"simplepullquote\">\u00ab\u00a0Il m\u2019a fallu longtemps pour trouver le courage d\u2019aller en studio avec un grand orchestre et de le mettre en marche.\u00a0\u00bb \u2013 Christine Jensen<\/div>\n<p>Pour Ann Arbor, n\u00e9e au Michigan, et le multi-instrumentiste \u00e9tabli \u00e0 Montr\u00e9al Colin Stetson, cette libert\u00e9 est aussi physique. Sa trilogie d\u2019albums solo <i>New History Warfare<\/i> s\u2019inspire de la sueur qu\u2019il a d\u00fb verser \u00e0 souffler dans son immense saxophone basse.<\/p>\n<p>Recourant \u00e0 des techniques telles que la respiration circulaire et le souffle forc\u00e9, Stetson \u2013 qui a \u00e9t\u00e9 aussi musicien de studio pour Tom Waits, Arcade Fire et Bon Iver, entre autres \u2013 repousse les limites, cr\u00e9ant des sonorit\u00e9s fascinantes\u00a0 comme des bourdons et des motifs d\u2019<i>ostinato<\/i> \u00e0 la Philip Glass, entre autres.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9criture solo, mais pas exclusivement celle-ci, tend \u00e0 d\u00e9couler de la forme physique de l\u2019instrument, dit Stetson. Elle doit toujours \u00e9merger de l\u00e0 car, en fin de compte, je peux en tirer une certaine palette.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai parfois des id\u00e9es qui conduisent \u00e0 des th\u00e8mes plus d\u00e9sincarn\u00e9s pour des chansons. Je les essaie sur un instrument et je les contextualise. \u00c0 la fin, tout est filtr\u00e9 par l\u2019interm\u00e9diaire de mon instrument et la fa\u00e7on dont je peux les jouer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Saxophoniste et fl\u00fbtiste, Jane Bunnett, la marraine canadienne de nombreux musiciens et musiciennes de Cuba, brise les fronti\u00e8res entre les genres et les sonorit\u00e9s. Son dernier album, <i>Maqueque,<\/i> r\u00e9unit les nombreux talents de jeunes musiciennes cubaines, un net contraste sur la sc\u00e8ne musicale cubaine, largement masculine.<\/p>\n<p>Elles les a d\u00e9couvertes lors de ses all\u00e9es et venues annuelles \u00e0 Cuba pour le compte de la fondation The Spirit of Music, mise sur pied par Jane Bennett et son mari, le trompettiste Larry Cramer, qui depuis 25\u00a0ans vise \u00e0 apporter des instruments dans ce pays.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous sommes all\u00e9s dans les \u00e9coles et pr\u00e8s de 60 \u00e0 70 pour cent du public est compos\u00e9 de jeunes filles, dit Mme Bunnett. J\u2019ai trouv\u00e9 \u00e7a tr\u00e8s surprenant qu\u2019il n\u2019y ait pas plus d\u2019instrumentistes parmi elles sur sc\u00e8ne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mme Bunnett raconte qu\u2019elle a rencontr\u00e9 la chanteuse et percussionniste Daym\u00e9 Arceno, qui avait 18 ans \u00e0 cette \u00e9poque, lors d\u2019un s\u00e9jour du couple \u00e0 Cuba et qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 aussit\u00f4t impressionn\u00e9e. \u00ab\u00a0Elle d\u00e9fendait sa place aux c\u00f4t\u00e9s de certains des musiciens cubains les plus c\u00e9l\u00e8bres et j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s impressionn\u00e9e par son <i>chutzpah<\/i> (son audace), se rappelle-elle. Elle chantait comme une v\u00e9ritable artiste d\u2019exp\u00e9rience et j\u2019ai d\u00e9couvert qu\u2019elle adorait composer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Form\u00e9 de Daym\u00e9 Arceno et de ses cons\u0153urs cubaines Yissy Garc\u00eda \u00e0 la batterie, de Yusa \u00e0 la guitare et \u00e0 la basse sans frette, de Danae Olano au piano et de Magdelys Savigne aux percussions \u2013 toutes dans la jeune vingtaine, \u00e0 part Yusa \u2013 avec Bunnett elle-m\u00eame au sax soprano et \u00e0 la fl\u00fbte, Maqueque tire son nom d\u2019un mot qui signifie \u00ab\u00a0esprit de fillette\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On a obtenu cette formidable combinaison d\u2019instruments et de voix que je continue d\u2019utiliser, dit Jane Bunnett \u00e0 propos de Maqueque, qui a m\u00e9rit\u00e9 des \u00e9loges enthousiastes tant pour son album que ses tourn\u00e9es sur sc\u00e8ne au Canada.<\/p>\n<p>Dans le v\u00e9ritable esprit du jazz et de celui d\u2019\u00eatre Canadien, les fronti\u00e8res de l\u2019aventure vous attendent.<\/p>\n<p><i>Compte tenu des contraintes d\u2019espace, il \u00e9tait impossible de mentionner tous les membres de la SOCAN qui explorent de nouvelles avenues en jazz.<\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les Canadiens refusent de jouer s\u00fbr<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":109833,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-147754","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-non-categorise"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147754","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=147754"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147754\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/109833"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=147754"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=147754"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=147754"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}