{"id":147284,"date":"2014-02-12T15:00:21","date_gmt":"2014-02-12T15:00:21","guid":{"rendered":"https:\/\/socancom100stg.wpenginepowered.com\/gordon-lightfoot\/"},"modified":"2014-02-12T15:00:21","modified_gmt":"2014-02-12T15:00:21","slug":"gordon-lightfoot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/gordon-lightfoot\/","title":{"rendered":"Gordon Lightfoot :"},"content":{"rendered":"<p>Lors d\u2019une f\u00eate de l\u2019Action de gr\u00e2ce particuli\u00e8rement chaude, Gordon Lightfoot est d\u2019humeur exceptionnellement pensive, sirotant un caf\u00e9 tout en jetant un regard sur une carri\u00e8re durant laquelle il a explor\u00e9 tous les types de chansons imaginables\u00a0: des chansons \u00e9piques et historiques, des balades romantiques, des chansons de marins, des airs de country, des chants de protestation folk et des blues qui font taper du pied ou \u00ab\u00a0toe-tappers\u00a0\u00bb comme Gordon Lightfoot se pla\u00eet \u00e0 les nommer. Bon nombre ont \u00e9t\u00e9 des succ\u00e8s et plus encore sont consid\u00e9r\u00e9es comme la v\u00e9ritable quintessence de l\u2019\u00e2me canadienne, tout autant que les peintures du Groupe des Sept ou les nouvelles d\u2019Alice Munro. Dire que sa carri\u00e8re a \u00e9t\u00e9 prolifique est aussi \u00e9vident que de dire que la Tour du CN surplombe Toronto.<\/p>\n<p>Assis dans la cuisine de sa vaste maison du chic quartier de Bridle Path \u00e0 North York, le c\u00e9l\u00e8bre artiste de 75\u00a0ans admet qu\u2019il passe le plus clair de son temps \u00e0 voyager et \u00e0 s\u2019occuper de sa famille (un grave probl\u00e8me d\u2019an\u00e9vrisme abdominal en 2002 l\u2019avait forc\u00e9 \u00e0 l\u2019inaction pendant deux ans). Mais il n\u2019a pas pour autant arr\u00eat\u00e9 d\u2019\u00e9crire des chansons \u2013 sa compagne, Kim Hasse, l\u2019a r\u00e9cemment encourag\u00e9 \u00e0 en terminer une, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0It Doesn\u2019t Really Matter\u00a0\u00bb. Il y en a encore trois ou quatre autres \u00ab\u00a0\u00e0 mijoter\u00a0\u00bb dit-il, mais pour ce qui est de leur donner une forme d\u00e9finitive, le temps n\u2019est pas encore venu.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait tout un marathon quand je composais,\u00a0\u00bb dit Gordon Lightfoot \u00e0 propos de sa production de quelque 294\u00a0chansons \u00e9dit\u00e9es. \u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 sous contrat avec des maisons de disques pendant 33\u00a0ans,\u00a0\u00bb dit-il en guise d\u2019explication, r\u00e9p\u00e9tant les mots \u00ab\u00a033\u00a0ans\u00a0\u00bb pour insister. \u00ab\u00a0J\u2019avais un groupe et une famille. J\u2019avais donc des responsabilit\u00e9s. Quand c\u2019\u00e9tait le temps d\u2019\u00e9crire des chansons, il fallait que je m\u2019y mette. C\u2019est parfois cette pression qui me for\u00e7ait au travail et qui permettait d\u2019aboutir au disque suivant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c9tonnamment modeste pour une \u00e9toile de cette magnitude, Lightfoot pr\u00e9f\u00e8re parler des concerts sur sc\u00e8ne et des r\u00e9p\u00e9titions de son groupe pour les 65 \u00e0 80, rendez-vous nord-am\u00e9ricains auxquels il participe encore avec fiert\u00e9 chaque ann\u00e9e plut\u00f4t que de ses talents d\u2019auteur-compositeur. Il est plus \u00e0 l\u2019aise de parler de son \u00e9thique de travail et de la chance qu\u2019il a eue de composer les bonnes chansons au bon moment.<\/p>\n<p>Il ne manque jamais de remercier Ian et Sylvia \u2013 qui ont enregistr\u00e9 deux de ses plus anciennes chansons, \u00ab\u00a0Early Morning Rain\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0For Lovin\u2019 Me\u00a0\u00bb et qui lui ont pr\u00e9sent\u00e9 leur g\u00e9rant Albert Grossman, avec sa bonne fortune de compositeur. Et il admet souvent qu\u2019il n\u2019avait absolument aucune id\u00e9e que ses chefs-d\u2019\u0153uvre \u00ab\u00a0If You Could Read My Mind\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0The Wreck of the Edmund Fitzgerald\u00a0\u00bb allaient devenir des succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Mais Lightfoot est ind\u00e9niablement dou\u00e9. L\u2019art et la beaut\u00e9 de son \u0153uvre, qui remonte \u00e0 la \u00ab\u00a0Trilogie du chemin de fer canadien\u00a0\u00bb de 1967 jusqu\u2019\u00e0 son classique autobiographique de1998 \u00ab\u00a0A Painter Passing Through\u00a0\u00bb, a inspir\u00e9 une foule d\u2019artistes, d\u2019Elvis Presley \u00e0 Barbara Streisand, en passant par Bob Dylan et Judy Collins. Les auteurs-compositeurs canadiens ont souvent repris ses chansons, notamment dans la compilation de 2003 <i>Beautiful: A Tribute to Gordon Lightfoot<\/i>, qui r\u00e9unit Bruce Cockburn, Murray McLauchlan, Ron Sexsmith, Blue Rodeo, Cowboy Junkies et les Tragically Hip.<\/p>\n<p>Les racines de son art nous conduisent \u00e0 une \u00e9cole de Los Angeles, la Westlake School of Modern Music o\u00f9, \u00e0 18\u00a0ans, le jeune auteur d\u2019Orillia, Ontario, a \u00e9tudi\u00e9 l\u2019orchestration et la th\u00e9orie musicale. Revenu au Canada avec ses talents pour la composition et l\u2019\u00e9criture, Lightfoot a entam\u00e9 sa carri\u00e8re musicale \u00e0 Toronto \u2013 mais en acceptant de petits emplois au jour le jour comme caissier dans une banque, chanteur d\u2019accompagnement, danseur et batteur (sous le pseudonyme de Charles Sullivan) pour joindre les deux bouts.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re composition de Lightfoot \u00e0 para\u00eetre sur un enregistrement mis en vente est \u00ab\u00a0This is My Song\u00a0\u00bb, figurant en 1962 sur <i>Two Tones at the Village Corner<\/i>, un enregistrement en direct du duo qu\u2019il formait alors avec le chanteur Terry Whelan, un ami d\u2019\u00e9cole. Mais quelques mois apr\u00e8s, il sortait en simple une nouvelle chanson originale, \u00ab\u00a0(Remember Me) I\u2019m the One\u00a0\u00bb, attribu\u00e9 simplement \u00e0 Gord Lightfoot. Cet enregistrement populaire d\u2019avant folk, mi-traditionnel, se hissa \u00e0 la troisi\u00e8me position au palmar\u00e8s de la station de radio torontoise CHUM. \u00ab\u00a0On allait dans une autre direction dans ce temps-l\u00e0,\u00a0\u00bb se rappelle-t-il.<!--nextpage-->Inspir\u00e9 par Bob Dylan et Ian Tyson, Lightfoot changea de veste et commen\u00e7a \u00e0 \u00e9crire du mat\u00e9riel plus po\u00e9tique \u00e0 saveur folk, ce qui fit sa renomm\u00e9e. \u00ab\u00a0Early Morning Rain\u00a0\u00bb lui vint en t\u00eate en se rem\u00e9morant ses pauvres jours d\u2019\u00e9tudiant \u00e0 Los Angeles, regardant les grands Boeing 707 d\u00e9coller \u00e0 l\u2019a\u00e9roport.<\/p>\n<p>Lightfoot tira profit des conseils qu\u2019Harold Moon lui avait prodigu\u00e9s, notamment qu\u2019une chanson doit \u00eatre un mariage parfait entre une m\u00e9lodie et des paroles, puis se tourna vers BMI Canada, l\u2019un des pr\u00e9curseurs de la SOCAN. <div class=\"simplepullquote\">\u00ab\u00a0Il suffit parfois de laisser simplement l\u2019imagination faire le travail,\u00a0\u00bb dit Lightfoot. <\/div>\u00ab\u00a0On s\u2019inspire d\u2019une sc\u00e8ne pass\u00e9e ou de quelque chose qu\u2019on a v\u00e9cu, qui rec\u00e8le un certain souffle po\u00e9tique, et on le met en paroles. Puis on essaie de le faire diff\u00e9remment dans chaque chanson.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En plus d\u2019avoir \u00e0 \u00e9crire pour respecter les \u00e9ch\u00e9ances pr\u00e9vues dans ses contrats d\u2019enregistrement, c\u2019est sur commande que Lightfoot a compos\u00e9 certaines de ses chansons les plus m\u00e9morables. \u00ab\u00a0Steel Rail Blues\u00a0\u00bb est une des chansons qu\u2019il a \u00e9crites pour un film sur les chemins de fer canadiens. Quand la CBC lui demanda de composer une chanson sur la construction de la voie ferr\u00e9e du Canadien Pacifique, il se renseigna sur le sujet en lisant un ouvrage de Sir William Cornelius Van Horne, l\u2019ing\u00e9nieur en chef des chemins de fer. Le r\u00e9sultat fut la composition de sa \u00ab\u00a0Canadian Railroad Trilogy\u00a0\u00bb (la Trilogie du chemin de fer canadien), dont il r\u00e9digea d\u2019abord la partie centrale, plus lente, autour de laquelle il ajouta le d\u00e9but et la fin.<\/p>\n<p>Curieusement, bien que de nombreuses chansons de Lightfoot soient \u00e9troitement associ\u00e9es au paysage canadien, peu d\u2019entre elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites dans un tel contexte. Ses dix marathons de voyage en cano\u00eb \u00e0 travers le nord du Canada, qu\u2019il a commenc\u00e9s au cours des ann\u00e9es 1970 (le dernier remonte \u00e0 1986), n\u2019ont produit que tr\u00e8s peu de chansons situ\u00e9es g\u00e9ographiquement, soient \u00ab\u00a0Whispers of the North\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Canary Yellow Canoe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<div class=\"simplepullquote\">\u00ab\u00a0Quand j\u2019\u00e9tais dans le bois, \u00e9crire des chansons \u00e9tait bien la derni\u00e8re chose \u00e0 laquelle je pensais,\u00a0\u00bb explique Lightfoot. <\/div>\u00ab\u00a0Tout ce qui me pr\u00e9occupait \u00e9tait de parcourir mes 30 km par jour. On ne peut pas emporter une guitare ni quoi que ce soit. Avec tous les rapides et les immenses lacs \u00e0 franchir, on est bien assez occup\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En fait, pour composer, Lightfoot a besoin d\u2019\u00eatre totalement isol\u00e9, ce qui, avoue-t-il, a \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t dur pour ses mariages et sa famille. Une solution qu\u2019il avait trouv\u00e9e \u00e9tait d\u2019\u00e9crire dans une maison vide, profitant des habitations vacantes que les agents immobiliers qu\u2019il connaissait essayaient de vendre. C\u2019est de cette fa\u00e7on que \u00ab\u00a0If You Could Read My Mind\u00a0\u00bb lui est venue. \u00ab\u00a0Celle-l\u00e0 s\u2019est \u00e9crite plut\u00f4t vite, se rappelle-t-il. Elle m\u2019est apparue en un apr\u00e8s-midi dans une maison d\u00e9serte. Tout ce que j\u2019avais \u00e9tait une table, une chaise, du papier et ma guitare. Je n\u2019ai eu qu\u2019\u00e0 la cueillir.\u00a0\u00bb Lightfoot a \u00e9crit \u00ab\u00a0Sundown\u00a0\u00bb, sa chanson si populaire au sujet de l\u2019infid\u00e9lit\u00e9 et de la jalousie, alors qu\u2019il se trouvait seul dans une maison de ferme en dehors de Toronto et que son amie de c\u0153ur faisait la f\u00eate dans un club de nuit en ville sans lui.<\/p>\n<p>Dans la maison actuelle de Lightfoot, son bureau est entour\u00e9 de biblioth\u00e8ques de bois sombre qui vont du plancher au plafond et qui contiennent des carnets sur tous les spectacles qu\u2019il a donn\u00e9s. Ayant le souci du d\u00e9tail, Lightfoot y consigne la date, le lieu, la dur\u00e9e du concert ainsi que l\u2019enregistrement sonore du spectacle au complet. Un lecteur de cassette lui sert \u00e0 enregistrer ses id\u00e9es de chanson, alors qu\u2019une grande tablette de papier de format l\u00e9gal pos\u00e9e sur un lutrin contient les paroles, les accords et les annotations de diverses compositions. De son \u0153uvre si vaste, il tire 50\u00a0chansons pour son r\u00e9pertoire en concert.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On effectue une rotation dans mes concerts sur sc\u00e8ne, explique Lightfoot. C\u2019est comme changer de lanceurs dans un match de base-ball. J\u2019ai besoin de faire ces changements pour que ces chansons restent fra\u00eeches \u00e0 mon oreille, mais je ne peux pas n\u00e9gliger mes standards, comme mes balades, du mat\u00e9riel plus \u00e9th\u00e9r\u00e9 et bien s\u00fbr, mes fameux <i>toe-tappers<\/i>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il y quelque chose que l\u2019on ressent [dans un concert] qui me maintient en mouvement, qui m\u2019incite \u00e0 continuer. Dans la mesure o\u00f9 on reste en sant\u00e9 et les id\u00e9es claires, il ne faut pas l\u00e2cher.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><b>Faits saillants<br \/>\n\u00c9diteur\u00a0:<\/b> Moose Music, Early Morning Music<br \/>\n<b> Discographie S\u00e9lectionn\u00e9e\u00a0:<\/b> <i>Lightfoot! <\/i>(1966), <i>Sundown <\/i>(1974), <i>East of Midnight <\/i>(1986), <i>Waiting for You <\/i>(1993), <i>Harmony <\/i>(2004)<br \/>\n<b>Membre de la CAPAC<\/b>\u00a0 1070-1990. <b>Membre de la <\/b><strong>SOCAN<\/strong><b> depuis<\/b> 1991.<br \/>\n<b>Visitez le site web <\/b>www.lightfoot.ca<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gordon Lightfoot a explor\u00e9 tous les types de chansons imaginables : des chansons \u00e9piques et historiques, romantiques, country, protestation folk, et des blues qui font taper du pied<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":105360,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-147284","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-non-categorise"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147284","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/14"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=147284"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/147284\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/105360"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=147284"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=147284"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/uat.socan.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=147284"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}